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LA MUSIQUE

verre l'apparence des pierres dures.

On chercha pour l'ameublement de nouveaux styles ; ce qu'on a appelé le moderne style est une sorte de compromis entre les genres européens et les genres exotiques.

Musique. — Si profonde qu'ait été l'influence des musiques étrangères, italienne et allemande, la musique française sut préserver, dans tous les genres, son caractère national. Bien plus, ce fut en France que des musiciens étrangers, Cherubini, Meyerbeer, Offenbach, trouvèrent leur voie ; ils devinrent des musiciens français.

Il est arrivé que la vive et gaie clarté de la musique française a été mieux appréciée au dehors ; c'est Wagner qui a répliqué aux détracteurs de Boïeldieu que « ne pas aimer la Dame blanche, c'est s'avouer incapable de comprendre la musique ».

La justesse de Boïeldieu, son goût, sa finesse, son émotion contenue, se retrouvent chez Hérold, qu'on appela l'André Chénier de la musique (Zampa, le Pré aux Clercs) ; chez l'aimable Auber (Fra Diavolo, Haydée, le Domino Noir). Auber s'éleva une fois au tragique, dans la Muette, dont la représentation à Bruxelles déclencha la révolution belge.

Il y a de la puissance dans les drames lyriques de Fromental Halévy [la Juive et Charlea VI). Félicien David alla chercher en Orient l'élément symphonique qu'il introduisit, par le Désert et par Lalla- Rouck, dans la musique française.

Berlioz fut le Delacroix et le Hugo du romantisme musical. Son œu\'re largement et noblement symphonique relie Beethoven à Wagner. Il est le seul musi- „, cieu qui ait compris les phis grands poètes de l'iiumanité: Shakespeare, dans l'ouverture de Roméo et Juliette et dans Béatrix et Bénédict, (i(ethedansla/)f(w;ta/2ow de Faust, X'irgile dans /es Troyens, l'Evangile dans V Enfance du Christ.

Après Berlioz, comme (i78w"i87i). après Delacroix, il se fit

* une sorte de moyenne entre le romantisme et l'ancien genre français >•.

Gounod trouva le chemin des cœurs qui ne demandent pas à la musique le bouleversement de tout l'être (Faust, Mireille, Roméo et Juliette). Si Hamlet a été un trop haut sommet pour Ambroise Thomas, il a contribué davantage que Gœthe lui-même à la popularité de Mignon. Berlioz, bourru, a dit de Massé {les Noces de Jeannette, Galatée), que « c'était musique de Paris » : n'en fait pas qui veut. Massenet s'abandonna avec complaisance aux mouvements d'une âme sensible et légère {Manon, Werther) .

Saint-Saëns, qu'on a comparé à Renan pour le mélange de la science et de l'ironie, écrivit dans Samson et Dalila l'une des grandes pages de la musique contemporaine. Reyer en écrivit une autre dans Sigurd.

Au milieu de ces beaux talents, Bizet éclata comme une promesse de génie.

Carmenti VA rlésienne connurent l'épreuve des œuvres immortelles : être d'abord méconnues. C'est un Allemand (Nietzsche) qui a dit de Bizet qu' « il découvrit une terre nouvelle : le Midi de la musique ». Toute la chaude lumière d'Espagne, toute la claire lumière de Provence, rayonnent dans ces chefs-d'œuvre purement latins.

César Franck, né à Liège, « cette petite P'rance de la Meuse », comme disait Michelet,naturalisé vaincu après la guerre de 1870, fut un créateur d'harmonies comme Rodin de formes. Ses oratorios {Rédemption, les Béatitudes) sont des sources inépuisables. 11 ne manquait à la beauté retrouvée des cathédrales que l'orgue de ce maître plein de science et de foi.

LA GUERRE MONDIALE. — lyi 4-1^,18.

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