I. Article de Maximii.ien Harden
pie. » (Kécit allemand de Kiirt tn épée au commandant Raynal
LA RLÉI-: COXTKE VERDUN.
içi6.
La première ruée, formidable, mais manière d'enrayer l'effDrt que prononcera
seulement sur la rive droite de la Meuse, l'ennemi est de l'attaquer à notre tour. »
emporta tout, maigre d'héroïques résis- Bataille d'arrêt de Verdun. — Ainsi
tances, et au prix de pertes effroyables, engagée, — « contre-attaque immédiate
jusqu'à la côte du Poivre, le bois de la pour toute parcelle de terrain qui sera
Vauche et le fort de Douaumoiit (21-26 fé- arrachée par l'ennemi», — la bataille
vrieri. d'arrêt de \'erdun, bientôt étendue à la
L'empereur allemand était sur les rive gauche (cote 304 et Mort-Homme),
lieux, prêt à faire à Wrdun l'entrée dura jusqu'au 11 mars, au milieu d'une
triomphale qu'il avait manquée à Nancy émotion intense, tous les yeux du monde
et à Paris. fixés sur ce petit coin du monde.
Il n'y avait à Douaumont qu'une Le soldat de \'erdun, dans la boue et
équipe de vingt-trois canonniers ; elle dans la neige, sous un ouragan ininter-
domiait au petit jour. L'ne patrouille rompu de mitraille, fut, du premier jour,
du 24"^ brandebourgeois, trouvant baissé sur de lui-même : « Passeront pas.... » Les
le pont-levis, pénétra dans le fort, et, Allemands ne passèrent pas, malgré de
sans tirer de coups de fusil, s'y installa ^. terribles hécatombes, certains corps per-
De cette surprise d'un fort qui aureiit dû être une caserne et n'était plus, depuis des mois, qu'une sorte d'hôtellerie de passage, le kaiser fit, dans une dépêche retentissante, un splendide assaut :♦ Le fort cuirassé de Douaumont», le pilier angulaire
dant jusqu'à 50 pour 100 de leur effectif.
Ordre du jour de Joffre :
« \'ous serez de ceux dont on dira : ils ont barré aux Allemands la route de \'erdun. »
Ordre du jour de Pétain, parlant « poilu »
comme César
RhGIOS DES FORTS DE DOJALMONT ET DE \ALX narlaitf lati
Les Allemands attaqueront enrore.... Courage, on les aura. » (Ordre '^ , ,, , '
du jour de Peiahi, avril 1916.) «LCS Allemands
attaqueront
de la défense de Verdun, était tombé, encore. . Courage, 011 les aura ! »
L'impérial mensonge; sur l'heure, La tactique offensive n'est pas toute
remplit le monde d'angoisse. la guerre. Pétain multiplia les travaux
Pétain. — Mais déjà le flot s'arrêtait, défensifs, tranchées, réseaux, abris, à en
Castelnau, envoyé par Joffre, confirma arracher aux Allemands un cri d'admira-
son ordre impératif : « Résister sur la rive tion, et il fut le « grand Voyer». Il construi-
droite, au nord de Verdun ; tout chef qui sit des routes, des lignes ferrées, des ponts,
donnera un ordre de retraite sera traduit élargitlachausséii de Bar à Verdun, lanou-
en conseil de guerre. » Puis, Pétain prit velle « voie sacrée » où, jour et nuit, pen-
le commandement, très grand chef, jeune dant des semaines, les convois se succé-
encore, colonel au début de la guerre, dèrent dans un ordre merveilleux,
tenace, calme, prévoyant, qui avait gagné ses grands éperons à la Marne et à Carency *.
Tout de suite, il mit de l'ordre dans la confuse bataille, prescrivit à chacun son rôle et, avec les forces nombreuses =.r -r ^ - l^i' ^^^^ ^t nuit, arrivent /r. ^ ■ rent au secours, exécuta ^ -.^ÎP^ . . la consigne de Joffre : « Vous sentez comme moi que la meilleure