VICTOR
EMMANl'KL III
Koi (i'Italie.
fC/. A/essatid? i.)
le ministre de la Guerre Kitchener, à l'entreprise.
Clemenceau, dans son journal {l'Hoinmc cnchainé) et au Sénat, s'en déclara l'adversaire.
Le petit corps expéditionnaire du général Sarrail arriva trop tard pour secourir les Serbes qui firent une tragique retraite à travers l'Albanie. L'amiral Lacaze, ministre de la Marine, recueillit ces braves, décimés et épuisés, aux bords de l'Adriatique et les transporta à Corfou. Reconstitués sous le prince Alexandre, ils furent ensuite amenés à Salonique.
Sur le conseil de Joffre, un vaste camp retranché, puissamment fortifié, «le Torrès-Védras macédonien », mit Salonique à l'abri d'un coup de main des Bulgares et des Allemands. C'est de l'armée de Macédoine que les Empires centraux recevront, en 1918, le coup de grâce. Les Allemands à Salonique, le sort de la guerre eût peut-être changé.
Les colonies allemandes. — Les colonies allemandes d'Afrique tombèrent successivement aux mains des alliés (Français, Anglais, Belges).
Entrée en guerre de l'Italie. — Au printemps (23 mai 1915), l'Italie avait déclaré la guerre à l'Autriche pour la reprise de ses provinces irredenU, le Trentin et Trieste. L'ambassadeur allemand, l'ancien chancelier Bijlow, avait tenté de « maquignonner » im arrangement ; il quitta Rome, mais l'Italie ne déclara la guerre à l'Allemagne qu'à l'automne de 1916.
Un très bon chef de guerre, le général Cadorna, passa tout de suite a l'offensive ; il occupa les passages du Trentin, les Dolomites et la rive droite de l'Isonzo, en face de Gorizia et du terrible plateau du Carso.
CAMPAGAE DE 1916
/Conférences de Chantilly. — Il n'y avait ^ pas eu, depuis les grandes invasions barbares, un autre moment où i^jataille eût fait rage à la fois sur tant^ ^e pays ; mais tout se tenait dans cette 1. ^ en
I. 11 garda Viviani, qui prit le ministère de la Justice, Ribot aux Finances, Malvy à l'inté rieur ; Méline eut le ministère de l'Agriculture, le général Gallieni la Guerre, l'amiral Lacaze la Marine. Freycinet, Combes, Bourgeois et Denys Cochin furent ministres d'Etat.
apparence dispersée, et il eût fallu considérer l'Europe tout entière comme un seul champ de bataille.
Les Empires centraux, servis par les lignes intérieures, et leurs alliés, le Bulgare et le Turc, recevaient leurs directions de l'empereur allemand. En Occident, quelques hommes clairvoyants réclamèrent en vain l'unité de commandement. Tout au moins fallait-il réaliser an plus tôt, selon la formule de Briand,
COXFÉKEXCES DE CHANTILLY.
HIXDENBURG Ca. Oianut.)
« l'unité d'action sur l'unité de front ».
Joffre, quin'a\'ait été jusqu'alors que commandant en chef des armées du Nord et du Nord-Est, fut nommé par Gallieni commandant en chef de toutes les années françaises (2 décembre 1915).
Il devait à la « splendide retraite », à la Marne et à « la course à la mer », un immense prestige. Il avait au plus haut degré ce bon sens dont Napoléon a dit qu'il est tout l'art de la guerre. I! fut écouté par tous les Etats-Majors alliés lorsqu'aux conférences de Chantilly, il proposa de prendre, en 1916, des offensives simul t anées, concord an tes, sur les principau x fronts d ( ■ guerre.
L'offensive «générale»
se déclenchera à l'été, sur les fronts russe, italien et macédonien, au signal de l'offensive franco-britannique qui sera « une attaque joiutive, à cheval sur la Somme ».
L'Allemagne assiégée. — Bien que le conseil de Chantilly eût gardé ses résolutions secrètes, le fait même de sa réunion parlait ; le but apparut aussitôt, comme le sommet au-dessus des nuages.
Falkenhayn, successeur de Moltke, à la tête des années d'Occident, avait ainsi e.tpli<|ué la noux'elle phase de la guerre : <i Nous faisons le siège de la l'rance, la forteresse l'rance. » De fait, c'était l'Allemagne qui était assiégée, bloquée de toutes parts.
D'où, pour l'Allemagne, un double intérêt : ne pas attendre l'offensive générale et rompre le siège par une puissante sortie.
Offensive allemande contre Verdun.
— Dans quelle direction? Des raisons
l-rUENUcjKl-F
fC/. Chanul.)
LES RUINEb UU « La conduite de la jjarnison française ténacité et un acharnement sans exem Recien.) Le Kronprinz restitua se
historiques et politiques, beaucoup plus que militaires, firent choisir Verdun, qui occupait depuis des siècles une vaste place dans l'imagination allemande, ;i cause du traité de 843 d'où sortit la première figure de l'Empire germanique. Le kronprinz, depuis le début de la guerre, se réservait Verdun ; il y aurait son bâton de maréchal. On frappera donc, avec les meilleures troupes de l'Empire, << à la porte d'airain derrière laquelle commencera une nouvelle époque de l'histoire du monde 1. »
En outre, Verdun était un point faible, parce qu'il faisait saillant dans le tracé général du front français et que le saillant était coupé par la Meuse.
Ladéfen- FûRi i)F \ \ux se de Verdun
fut admirable , elle se défendit avec fut Organisée
par le général Herr, l'un des maîtres de l'artillerie, mais, faute de main-d'œuvre, de façon encore insuffisante. Castelnau, que Joffre avait choisi comme major général, visita par son ordre les travaux et les fit accélérer (janvier 1916).
Quatre corps d'armée, avec une masse d'artillerie lourde, furent rassemblés dans la région à l'arrière, d'où ils se porteraient soit sur Verdun, qui voyait grossir l'orage, soit sur le front de Champagne, qui se sentait également menacé.
La ruée sur Verdun. — Réglée comme pour le théâtre, « la dernière offensive contre la France », ainsi que l'annonçait le général Deimling, commença le 21 février, par un obus lourd, qui, à 4 heures du matin, annonça « joyeusement » le combat.