I. Souvenirs, p
L'OCCUi'ATION FRANÇAISE EN ALLEMAGNE
Passage du Kliin sur un pont de bateaux à Oppenheim (20 kilomètres de Mayence).
Ludendorff avait démissionné ; Hin- Comme un délégué américain demanda
denburg télégraphia à Berlin de conclure à Foch de « dire simplement, du point de
à tout prix rarmistice, sinon il ne répon- vue militaire, toute autre considération
dait plus de rien. Déjà des régiments se mise à part, s'il aimerait mieux que les
révoltaient, les soldats arrachaient aux Allemands rejetassent ou acceptassent
officiers leurs insignes. l'armistice », le glorieux maréchal, avec
L'empereur, depuis un mois, errait l'humanité des vrais grands chefs français, entre Potsdam et son quartier général de répondit qu' « on ne fait la guerre que Spa, comme absent des choses. Il s'enfuit pour des résultats » et que, « le but atteint, en Hollande, où il fut suivi par son fils, nul n'a le droit de faire répandre une A Berlin, les socialistes (Ebert, Schei- goutte de sang de plus ». demann), installés au pouvoir, annon- Le ii novembre, à 4 heures du matin, cèrent qu'il avait abdiqué. Ils avaient après une nouvelle' intervention prèsdéjà fait partir en toute hâte des parle- santé de Hindenburg, les Allemands mentaires pour le front allié. signèrent.
L'armistice. — Le 8 novembre, Foch A 11 heures, le canon, qui n'avait pas
et l'amiral Wemyss les reçurent dans cessé de tonner depuis plus de i 500 jours,
leur train militaire, garé au petit village se tut. On entendit comme un immense
de Rethondes, en forêt de Compiègne, silence.
et leur dictèrent leurs conditions. C'étaient La plus grande bataille de l'histoire
celles d'une ca- était gagnée ;
pitulation, avec quelques - uns des honneurs de la guerre.
On a soutenu, pour de?
raisons politiques et avc( des argument'^ militaires, (]ii"il eût fallu poursuivre la bataille pendant quelque temps encore, après de nouvelles victoires porter la guerre en Allemagne, en faire sentir le poids aux AUcinands.
r.NTRl:E DES FRANÇAIS EN ALSACE « I,e Plébiscite est fait. » (Discours de Poincarë ."i Strasbourg. )
les années alliées avaient sauvé « la cause la plus sacrée :
la liberté du monde ^ ».
Libérât io n de r Alsace- Lorraine. — En exécution de l'annistice, les troupes allemandes évacuèrent l'Alsace-Lorraine, la Belgique, les pays de la rive gauche du Rhin, trois fortes têtes de