DEUXIEME BATAILLE DE LA MARXE
de ses réserves, maintenant que les Anaéricains arrivent en masse, et, bientôt, à la démoralisation des Allemands.
Du premier jour de l'offensive française, Ludendorfi vit la partie perdue, et, reconnaissant le danger d'un enveloppement, n'attendit pas pour ordonner la retraite générale, de la 5lame sur la Vesle et sur l'Aisne.
L'armée allemande se replia en combattant, avec ses meilleures troupes sur ses flancs, mais abandomiant un immense matériel et des tas de prisonniers.
Dégoutte rentra à Château-Thierry, Mcingin à Soissons, après un beau combat sur le plateau d'Ambrief.
Les Américains reçurent de façon splendide le baptême du feu, aux combats duBois- Belleau, entre l'Ourcq et la Marne. Deux belles divisions italien nés prirent part à la défense de Id montagne d' Reims.
Le plan incliné de la victoire. — Désormais, selon la formule deFoch, les armées alliées se sentent portées en avant glissaient sur vm plan
nombreux, avec, derrière eux, im réservoir inépuisable d'hommes et de richesses.
L'Allemagne est à bout de forces. L'implacable blocus anglais l'a réduite à un état voisin de la famine. Le ressort moral se rompt. Un peu de vérité est entré dans les ténèbres de mensonge où elle a vécu pendant quatre ans. L'empereur, Ludendorfi, la caste militaire ont perdu leur prestige. Les Allemands ne sont pas hommes à accepter la lutte pour l'honneur, jusqu'au dernier carré de territoire libre. Le cri vers la paix s'élève de toutes parts. La révolution gronde.
Ludendorfi reste dans la défaite un grand chef de guerre, mais ses réserves ont fondu ; ses troupes d'élite, ses sousofficiers, ses mitrailleurs se battent encore très bien, mais nombre d'unités se laissent complaisamment encercler. Ainsi « le 8 août (sur la Somme), le jour so mbre de l'armée allemande », des milliers de Feldgraue n n'ont pensé qu'à se rendre : pour le prisonnier, la
DANS LE SECTHUR .\.MERICA1.N DE LORR.\IXE InTdnterie aux aguets.
comme si elles guerre est déjà finie. Tous les mois, les
incliné. Et, sur alliés firent loo ooo prisonniers, la pente où il poursuit les Allemands, Bataille générale. — • Pendant les trois
le vainqueur de la seconde Marne, qui derniers mois de la guerre, Foch n'arrêta
a reçu le bâton de maréchal, ne va pas de « frapper à coups redoublés et
leur laisser aucun répit. C'est la consigne répétés d, méthodiquement, tantôt sur
qu'il donne et que reçoivent avec un front, tantôt sur un autre, et, bientôt,
allégresse les soldats, les nôtres, les Belges, sur tous à la fois. L'amalgame a été réalisé
les Britanniques, les Américains qui voient avec l'unité de commandement. Ici des
la victoire devant eux. divisions françaises aux côtés des Amé-
Arrétés devant Amiens, arrêtés devant ricaine, là aux côtés des Britanniques et
Calais, les Allemands avaient placé leur des Belges,
dernière espérance dans l'offensive, pai la vallée de la Marne, vers Paris. Maintenant, ils n'aperçoivent plus aucune chance de gagner la guerre Les sousmarins devaient réduire l'Angleterre à
Le Sancerre fut reconquis après le Tardenois ; le Noyonnais tomba ensuite ; puis ce furent les plateaux au nord de Soissons et de Compiègne, les villes de la Somme, le saillant de Saint-Mihiel,
merci; loin de fléchir, l'Angleterre s'est jusqu'aux avancées deMetz, le CambrêSis,
redressée dans le plus spltndide effort le massif de Saint-Gobain^ la forêt d'Hou-
de son histoire. Devancer les Américains thulst, l'Argonne. les Monts de Cham-
ctait une question de vie ou de mort, et pagne, le Laonnois, et, l'une aprèsl'autre,
les voici, soldats improvisés, mais jaloux toutes les lignes que Hindenburg avait
d'égaler les Européens, tous les jours plus décorées des noms fameux de l'épopée
LA nÈBACLK ALLEMANDE.
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nationale des Niebcluiigc'ii : Siegfried, Wotau, Albcrich, Brimckildc.
Ces victoires libérèrent des villes occupées depuis la première année de guerre : Saint-Quentin, Lens, Cambrai, Douai, Lille. Les Allemands, en quittant Cambrai.. y miient le feu, Lens n'était plus qu'un monceau de ruines ; les charbonnages du Nord avaient été systématiquement ruinés ; partout, les usines et les fabriques avaient été pillées par ordre, étaient réduites à l'état de murs nus.
Chute de l'Orient. — La plus formidable puissance militaire que le monde eût connue craquait de toutes parts ; révénement qui précipita la chute se produisit en Orient.
C'était, surtout, pour la maîtrise de rOrieni que l'Allemagne avait entrepris la guerre ; l'Autriche, du premier jour, puis la Turquie et la Bulgarie s'étaient rangées sous ses ordres. L'automne de 191 8 les vit crouler toutes les trois.
La Bulgarie s'effondra la première, abattue en quelques jours (15-28 septembre) par l'offensive des armées alliées de Macédoine, sous Franchet d'Espérey.
Cette solidarité des fronts, dont l'idée avait rencontré tant de résistances, ne pouvait être démontrée au dernier acte du drame, par un plus saisissant e.xemple; on put dire du Vardar qu'il était im affluent de la Marne.
Le roi Ferdinand ayant abdiqué, son fils Boris capitula. Les Serbes, rentrés à Nich, puis à Belgrade, sur les talons des Autrichiens, coupèrent la voie ferrée de Berlin à Constantinople et la voie fluviale du Danube. La Roumanie déchira le traité de Bucarest.
Le mois d'après, ce fut le tour de la Turquie. Ne pouvant plus rien attendre de l'Allemagne, depuis l'effondrement de la Bulgarie, et ayant perdu, en quelques jours, la Syrie après la Palestine, elle offrit sa soumission. Les flottes alliées occupèrent les forts des Dardanelles et le Bosphore.
Enfin l'Autriche tomba en morceaux.
Depuis son avènement, l'empereur Charles aspirait à la pai.x et voyait monter l'orage de tous les Etats slaves de la double monarchie, mais il fut sans force pour rompre les liens avec l'Allemagne.
En octobre, la Bohême se proclama indépendante, une révolution socialiste éclata à Pesth, les Croates se soulevèrent ; le manifeste de l'empereur, annonçant la transformation de l'Autriche en un Etat fédératif, était en retard d'une amnée.
Quand les Italiens reprirent l'offensive
à Vittorio-V'eneto (29 octobre)^ ils n'eurent plus rien devant eux ; l'armée autrichienne se débanda, près de 500 000 ofticiers et soldats (Slaves, Roumains,* Polonais, Slovènes) se rendirent. Udine, Trente, Trieste furent occupées sans coup férir ; la flotte passa aux Tchéco-Slovaques.
Les quatorze articles. — Dès le 3 octobre, Hindenburg avait conseillé à l'empereur de cesser une guerre perdue : (1 Chaque jour coûte la vie à des milliers de braves soldats. » Et rien à espérer de l'avenir : « Au lieu d'une fraîche Amérique, des alliés tombés sur les genoux.... Impossible de construire un nouveau front '. »
Le chancelier (le prince Max de Bade) s'adressa au président VVilson, demandant un armistice immédiat avec ouverture de négociations pour la paix .
Wilson, dans un message du 8 janvier, avait formulé en quatorze articles les principes et les garanties de la paix future : droit des peuples de disposer d'eux-mêmes ; reconstitution de la Pologne, de la Bohême ; restauration de la Belgique, de la Serbie, de la Roumanie ; restitution de l'Alsace- Lorraine à la France, des terre irredente à l'Italie ; réparation des dommages causés par l'agresseur ; désarmement ; arbitrage.
Le secrétaire d'Etat Lansing répondit par trois interrogations précises. L'Allemagne accepte- t-elle les 14 articles autrement que « comme bases de négociations » ? .Est-elle prête à retirer ses troupes des territoires envahis? Le chancelier parle- t-il au nom des autorités qui ont conduit la guerre?
C'était poser la question de l'abdication de Guillaume II.
Comme les gouvernants allemands hésitaient encore, des troubles éclatèrent dans plusieurs grandes villes ; à Kiel, les marins se soulevèrent. L'empereur parut le seul obstacle à la paix.
La débâcle allemande. — Cependant Foch poussait et développait son offensive sur un immense arc de cercle, des portes de Gand, vers où s'avançait le roi Albert, aux confins de la Lorraine mosellane, où Castelnaû s'apprêtait à mar- Lher sur Metz. Au centre, Debeney, d'une ruée impétueuse, forçait la trouée de Chimay, pendant que Horne courait à Mons, Humbert à Rocroy, Guillatunat à Mézières, Gouraud avec Liggett à Sedan.
Encore quelques jours de bataille, et la défaite allemande tournait au désastre.