ACTE PREMIER. H
tant que vous voudrez, si vous les donnez avec vos jolis doigts.
AN NETTE
On n'est pas plus galant.
Elle le sert avec une pince.
STANISLAS
Vous êtes cruelle.
ANNETTE, à Henri.
Et vous, monsieur de Symeux?
HENRI
Moi, Mademoiselle, je vous demanderai la recette de la salade que nous avons mangée ce soir ici. Il parait qu'elle est de votre composition.
ANNETTE
La salade japonaise.
HENRI
Elle est japonaise?
ANNETTE
Je l'appelle ainsi.
HENRI
Pourquoi?
ANNETTE
Pour qu'elle ait un nom; tout est japonais, maintenant.
HENRI
C'est vous qui l'avez inventée ?
ANNETTE
Parfaitement. J'aime beaucoup m'occuper de cuisine.
12 F UANCILLOiN.
HEXRI.
Vous avez pris des leçons?
A X NETTE
Il y a maintenant des cours pour les jeunes filles; on étudie bien les éternels principes et puis chacune compose selon son plus ou moins d'imagination. Il y a même des concours.
STANISLAS
Et dans quel but avez-vous appris à faire la cuisine, Mademoiselle? Car ce n'est pas avec l'idée d'en faire votre profession?
ANNETTE
J'ai appris à faire la cuisine comme j'ai appris à lire, à écrire, à dessiner, à jouer du |)iano, à parler l'anglais et l'allemand, à chanter en italien, à monter à cheval, à patiner, à chasser, à conduire, comme j'ai appris la valse à deux et à trois temps, la polka et toutes les figures du cotillon, dans le but de trouver un mari. Tout ce que font les jeunes filles, n'est-ce pas, Messieurs, dans le but de vous plaire; et ne doivent-elles pas s'efforcer d'être aussi parfailes que possible pour mériter l'honneur et la joie d'associer toute leur existence à quelques moments de la vôtre? (a Lucien.) Et toi, monsieur mon frère, veux-tu du thé ?
LUCIEN, qui lit lo journal.
Rien du tout! merci!..
ANNETTE
Alors, M. de Symeux, si vous voulez prendre une