ACTE PREMIER
sieur... (Montrant Lucien) ci'it fini de l'aimer pour devenir madame de Riverolles.
STAMSLAS.
Contez-nous cela.
THÉRÈSE
Messieurs! Messieurs! Ne l'excitez pas. Elle se grise en parlant. 11 arrive un moment où elle ne sait plus ce qu'elle dit.
FRANGINE
Pourquoi prétendent-ils que ses cheveux sont plus longs que les miens?
STANISLAS
Les cheveux de Rosalie, c'est connu, ma pauvre Francine (Mouvement de Fiancine.), chère madame, il faut en prendre votre parti, ils tombent jusqu'à terre. Quand elle va se coucher, on marche dessus.
FRANGINE. "
Si vous continuez à dire des inconvenances, je sors.
HENRI
Alors, Lucien? Contez-nous cette histoire-là.
FRANGINE, riant.
Entre nous, elle est assez drôle.
STANISLAS
Voyons.
FRANGINE
Eh bien, mes enfants...
STANISLAS
Chassez le naturel, il revient au galop.
FRANGINE
Eli bien! la première fois que j'ai vu M. le comte Lucien de Piiverolles, mon mari, c'était à l'Opéra; il était dans la loge de mademoiselle Rosalie Miclion, une première loge, à droite, entre les colonnes.
LUCIEN
11 n'y a qu'un malheur, c'est que ces dames ne sont pas admises à l'Opéra dans les premières loges.
FRANGINE
Excepté en dehors des jours d'abonnement et c'était à une représentation de charité, un samedi. Papa et maman, comme dirait M. de Symeux, m'y avaient conduite pour me faire voir des artistes appartenant à des théâtres où l'on ne me conduisait jamais et réunis, ce soir-là, pour la bonne œuvre en question. Il y avait donc, dans la première loge, à droite, entre les colonnes, une ravissante personne, mise comme une jeune fille du meilleur monde, sans un seul bijou, sauf un braceletd'or, un porte-bonheur, qui lui venait sans doute de toi, misérable!
Oh non! il donnait midUK que ça, lui.
FRANGINE
Tu l'entends?
LUCIEN
C'est pour te faire enrager; il ne connaît pas Rosalie Michon.
STANISLAS
Il n'y a plus que lui à Paris.