ACTE PREMIER
FRANGINE
Oui.
C'est ce soîrbul masqué à l'Opéra. Nous avons une loge.
FRANGINE
La loge où était mademoiselle .Millescuili avec sa mère?
LUGIEN.
Justement! Et nous allons voir ce que sont ces bals dans cette salle énorme. Gomme, depuis onze mois, tu me voyais et me laissais sortir tous les soirs, je ne pouvais espérer qu'il te viendrait tout à coup, aujourd'hui, l'idée de me retenir, et je me suis engagé.
FRANGINE
Emmène-moi.
LUCIEN
Au bal de l'Opéra? Ce n'est pas la place d'une honnête femme! Que dirait madame Smith?
FRANGINE
Masquée?
LUCIEN
Raison de plus pour qu'on te prenne pour une autre ei qu'on te manque de respect!
FRANGINE
Avec toi, il n'y a pas de danger. Tu peux être sûr que je ne te quitterai pas.
LUCIEN
Et ton fils, il resterait seul?
FRANGINE
Tu sais bien qu'à partir de ce soir, il reste dans la
50 FllANCILLON.
chambre d'Annetle. Puisque c'était probablement la crainte de l'éveiller q\ii t'empêchait de venir dans la mienne; je me suis séparée de lui, la nuit... Et je puis m'abscnler pour une fois, pendant quelques heures.
LUCIEN
Et un domino? Tu ne vas pas louer un domino chez un costumier?
FRANGINE
J'ai celui que j'avais à Nice à la fête des Fleurs, quand j'y suis allée avec mon père et ma mère.
LUCIEN
Il est rose. Une femme comme il faut ne met pas un domino rose au bal de l'Opéra!
FRANCINE
Alors, fais-moi le sacrifice de ce bal! Je t'en suppliei
LUCIEN
Impossible! j'ai promis.
FRANCINE
Vas-y seulement une heure et reviens. Je t'attendrai.
LUCIEN
Nous devons souper entre hommes. A demain !
FRANCINE
G est bien, va. (Lucien va pour rcrabrasscr sur le front. — Elle recule). A qUOi bou ?
Comme tu voudras.
FRANCINE, le retenant après avoir essuyé ses yeux.
Tu vas retrouver une femme?