ACTE PREMIER
LUCIEN
Je vais retrouver mes amis.
FRANCINE
Trop de subtilités.
LUCIEN
Trop d'interrogatoire.
FRANGINE
Ecoute alors, et qu'il n'y ait pas de malentendu entre nous. Regarde-moi bien. Je t'aime passionnément; j'adore l'enfant né de cet amour, je suis une très honnête femme et je n'ai qu'une idée, c'est de continuer à l'être; mais, comme je tiens le mariage pour un engagement mutuel, comme nous nous sommes volontairement juré respect et fidélité, que je te suis fidèle et que tu n'as à me reprocher que d'avoir fait mon devoir, je te donne ma parole que, si jamais j'apprends que tu as une maîtresse, une heure après que j'en aurai acquis la certitude...
LUCIEN
Une heure après?...
FRANGINE
J'aurai un amant. Et je te promets, moi, que tu seras le premier à le savoir. Œil pour œil, dent pour dent !
voyons tes dents? (Franclne montre ses ileuts on souriant et los
lui présente pour un b;dsor.) Uue lionnéte femme à qui une pareille idée peut passer par la tète est une femme qui a la fièvre et qui a besoin de repos. A demain!
FRANGINE
A demain!
Il sort.
SCÈNEVII
FRANGINE, seule, puis ÉLISA.
FRANGINE, elle prend son mouchoir, s'essuie les yeux fiévreuîOiuent, et sonne deux fois; Elisa parait.
Donnez-moi des gants noirs, longs, le mmteau qu'on m'a apporté aujourJ'Imi et que je n'ai pas encore mis, ma toque de loutre et mon manclion de loutre, un gros voile. Prenez dans mon secrétaire et apportez-moi mon
portefeuille en maroquin gris. (I.a femme de cliambrc sort. — Franclac écrit pendant que la femme de chambre est absente. — Elle plie la lettre, se lève et puis elle réfléchit un moment en la tenant entre ses doigts. Elle finit par la déchirer en disant : (G'cst iuutile!) Elle jette la lettre au feu.)
ELISA, entrant et aidant Francino à s'habiller.
Madame la comtesse sort?
FRANGINE
Évidemment!
ÉLISA
Faut-il faire atteler une autre voiture? Le cocher de madame la comtesse n'est pas encore couché...
FRANGINE
Qu'il se couche !