ACTE DEUXIÈME
des choses que, vraies ou fausses, vous regretteriez un jour d'avoir dites.
HENRI
Je me relire.
Pourquoi? Si M. de Riverolles n'est pas disposé à tout savoir, moi je suis résolue à tout dire. N'est-il pas convenu que nous disons tout ce que nous pensons, les uns devant les autres? N'est-ce pas l'originalité de la maison? Sans cela, nous serions dans la vulgarité la plus bas-?e. Un homme du monde épouse une jeune fille d'aussi bonne noblesse que lui, devant une assistance aussi nombreuse que choisie, disent les journaux, aux sons de la plus belle musique, sous la bénédiction d'un évoque, ({ui s'est dérangé exprès pour cela. Quelques mois après, l'homme retourne à ses drùlesses, la l'emme prend un amant connu de tout le monde, mais en se cachant de son mieux; voilà ce que nous voyons tous les jours. Je n'ai pas voulu de cette platitude pour moi. Il m'a semblé plus original que la femme ne sût même pas le nom de son amant et qu'elle racontât tout de suite le fait à son mari et à ses amis.
LUCIEN, h Henri.
Elle est folle! Mon cher ami, voulez-vous bien aller jusque chez mon père et le prier de passer tout de suite ici, et revenez avec lui, je vous en prie. J'aurai encore besoin de vous. Priez aussi Stan de venir. Je puis avoir besoin de vous deux.
A bientôl!
Fll.VXCINE, qui s'est mise à écrire.
Soyez donc aussi assez bon pour expédier cette dépêche à nia mère, pour lui annoncer mon arrivée.
LUCIEN
Si je vous laisse partir.
FRANGINE
Je vous défends bien de m'en empêcher. Je défends bien à qui que ce soit maintenant de m'empêcher de faire
ce que je voudrai. (Donnant la main à Hen.i.) AllcZ, HIOU chcr
Henri, et merci. Pardonnez-moi mes vivacités de tout à riieure; vous voyez que j'avais quelques raisons d'être émue.
HENRI, à put.
Étrange femme !
Il sort.