ACTE DEUXIÈME
No perdons pas de temps en railleries; allons droit au fait.
FRANCINE
Vous avez relevé et renoué de vos propres mains les cheveux de mademoiselle Rosalie Miclion, ce que vous n'aviez pas fait pour les miens; vous l'avez embrassée sur la nuque, là, pour votre récompense; c'était un tableau charmant et vous avez remis le capuchon par-dessus les cheveux et le baiser. Pendant ce temps, j'ouvrais la porte de la loge de M. de Saiiit-Hutin et je me frayais avec peine un chemin Jusqu'au bas de l'escalier, à travers une cohue d'hommes à moitié ivres et de femmes à moitié nues. Je suis arrivée avant vous au péristyle, vous avez fait signe au valet de pied de celte dame, car elle a un valet de pied tout comme nous; il est allé chercher sa voilure et pendant que vous attendiez auprès d'elle, là où nous attendons, quand nous sortons des re|)résentations du mercredi, je vous regardais, appuyée contre une colonne.
LUCIE N
C'était vous qui me regardiez en respirant des roses?
FRANGINE
Que M. de Saint-Hutin m'avait données. C'était moi. Rien ne vous l'a dit ! Pas un pressentiment! Pas un souvenir! Il m'a passé un instant par l'esprit d'aller vous prendre le bras, de me nommer et de vous emmener avec moi pour en finir. Mais non, ce que vous faisiez était tel-