‹ Francillon, pièce en trois actesChapitre 58 sur 97 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LUCIEN

Et qii'avez-vous supposé?

ÉLISA

Que Madame devait avoir une raison bien grave pour sortir seule à pied, par ce froid, à pareille heure. Mais ce dont Monsieur peut être sûr, c'est que Madame n'a rien fait de mal.

Personne ne l'accuse. Et vous avez cherché cette raison qui faisait sortir Madame?

ÉLISA

Et je l'ai trouvée, je crois. Je me suis dit que Madame était jalouse et voulait savoir où allait Monsieur. Alors...

LUCIEN

Alors?...

ÉLISA

Alors, j'ai appelé Célestin, je l'ai mis au courant en deux mots et je lui ai dit de suivre madame la comtesse sans qu'elle le sût, et cela surtout pour protéger ma maîtresse qui paraissait fort troublée, qui pouvait courir un danger, seule, la nuit, dans les rues de Paris. Célestin était au service de M. le comte avant que M. le comte fût marié, et M. le comte n'a jamais douté de son dévouement ..

LUCIEN

Et Célestin l'a suivie?

ÉLISA

Oui, monsieur le comte, il a cru bien faire.

LUCIEN

Il il bitMi fait. Sonnez Cclcstin, je vons prie, (eho s'éloignc et sonne.) Allons, me Yoilà à la merci des valets, mainlenant. (a i';iisa.) Vous pouvez vous retirer.

Elle sort, Célestin enlro parla porte do Tautrc côté. LE COMTE, à Cclcstin.

Vous avez suivi la comtesse celte nuit?

CELESTIN, un pou embarrassé.

Monsieur le comte...

LE c 0 JI T E .

Parlez franchement, je viens de dire à votre femme que vous aviez eu raison.

CÉLESTIN

Je parlerai d'autant plus volontiers que M. le comte vei'ra qu'il n'a rien à reprocher à Madame.

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