‹ Francillon, pièce en trois actesChapitre 79 sur 97 · ACTE TU 01 SI ÈME · texte numérisé non relu

ACTE TU 01 SI ÈME

STANISLAS

En causant avec maître G.indonnot de tes affaires à toi, tu pourras t'occuper de ses affaires à elle. Tu ferais même mieux de ne l'occuper que de ses affaires à elle.

LUCIEN

Mais tu comprends pourquoi je n'ai pas convoqué Carillac, ce matin.

Parfaitement. Et à quand le mariage?

LUCIEN

Après les délais pour les sommations. La mère de Carillac refuse son consentement.

STANISLAS

Je te crois. Tu es témoin?

LUCIEN

Es-tu fou? Mais elle a eu l'aplomb de me le demander. Je lui ai dit que je partais. C'était un prétexte qui est devenu une réalité.

STANISLAS

Tu pars?

LUCIEN

Qu'est-ce que tu veux que je fasse à Paris, maintenant?

STANISLAS

Et où vas-tu?

LUCIEN

A Rome. Croirais-tu que je n'ai jamais vu Rome?

STANISLAS

C'est curieux; moi non plus, du reste.

Ii2 FRANCILLON.

LUCIEN

J'y vais surtout pour voir le cardinal Ilortilio. C'est lui fjui m'a fait faire ma première commiiiiion. Je lui demanderai s'il n'y a pas moyen de faire annuler mon mariage. Ils ont des moyens à Rome. Autant que Francine et moi nous redevenions libres. Au fond, je crois que je n'étais pas fait pour le mariage. Une fois en règle avec l'Église, si Francine vent divorcer, nous divorcerons. Les gens comme il faut commencent à s'y mettre. Tu ne trouves pas riiistoire des plus comiques?

STANISLAS

Quelle histoire? la tienne?

LUCIEN

Non, celle de Rosalie.

STANISLAS

Tout ce qu'il y a de plus comique. Toi aussi, tu es comi(iue ; moi aussi, je suis comique! Nous sommes tous comiques. Mais le diable m'emporte si je sais comment ça finira d'être aussi comique que nous le sommes! Tu me disais tout k l'heure : « Mets-toi à ma place. » Eii bien, je m'y mets. Si j'étais à. ta place, je partirais pour Rome, puisque tu as envie d'y aller, et par le même train que ta femme qui part justement pour Nice et qui, avant d'arriver à Bercy, trouverait bien le moyen de te prouver qu'il n'y a rien de vrai dans l'histoire de cette nuit. Si elle la maintenait, si ce quelle a raconté était vrai, je continuerais tout de même mon •chemin, toujours en sa compagnie. Si tu ne veux pas

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