ACTE TROISIÈME
LE MARQUIS
Tu es un ange.
AN NETTE
Dites-le lui sans faii'e semblant de rien. Du reste, vous savez que c'est un conseil que je vous demande et que je ne ferai que ce que vous voudrez.
LE MARQUIS
Et Francine, pendant votre promenade, ne t'a pas parlé d'autre chose?
ANNETTE
Non.
LE MARQUIS
Comment était-elle?
ANNETTE
Elle regardait toujours du même côté àtraversla glace de la voiture, mais on voyait qu'elle avait pleuré.
LE MARQUIS
Il fallait lui demander pourquoi elle avait pleuré.
ANNETTE
Oh! papa ! Vous ne savez pas qu'on peut demander à une femme pourquoi elle pleure, mais qu'il ne faut jamais lui demander pourquoi elle a pleuré, elle ne se le rappelle plus. Tâchez de savoir de M. de Symeux ce qu'il pense de moi.
LE MARQUIS
Et s'il ne veut pas de toi? S'il trouve qu'un homme de quarante ans, de quarante-deux ans, ne peut plus, ne doit plus se marier avec une jeune fille.
A>f NETTE.
Alors, j'en chercherai un de soixante.
HENRI, à Annctte.
Je viens de voir ma mère, tout à l'heure, Mademoiselle, je lui ai fait part du désir que vous aviez de la connaître. Elle ne veut pas attendre votre visite, elle viendra voir madame de Riverolles, et vous remercier de la recette japonaise.
LE MARQUIS
Mais Francine part ce soir et d'ailleurs je ne veux pas que madame votre mère se dérange, vous allez me présenter à elle tout de suite, et je vais lui mener Annette. (a Annette.) Va le préparer.
ANNETTE
Je suis prête dans cinq minutes, (a Francine qui entre.) Tu
pars ce soir? Pourquoi?
FRANCINE
Je vais voir ma mère.
ANNETTE
Et bébé?
FRANCINE
Je te le laisse.
ANNETTE, rembrassant.
Oh! que tu es gentille! (a Henri.) A propos, Monsieur, mes pauvres vous remercient bien. Ils m'ont promis de prier pour que Dieu vous accorde tout ce que vous désirez.
HENRI
Mais ils ne savent pas ce que je désire.