II. — ARISTOTE ET LA SGOLASTIQUE
Âristote plus blâmable que Platon. — Gbercbe la contemplation. — Place de la logique dans la doctHne d* Aristote. — Rôle de la Métaphysique. — Place de la Physique dans le système. — Les quatre reproches de Bacon. — 1° La contemplation. — Confusion de Bacon. ~ 2» Le finalisme-
— Erreur de Bacon. — 3° Suppression de l'expérience. — Injustice de Bacon. — -i® Les abstractions. — Leur utilité. Les distinctions et les discussions scolastiques. — L'autorité . — Le dogmatisme d'Aristote . — La scolastiquc a-t-elle été servile? — Les sciences au Moyen Age. — Mathématiques . — Astrononie . — Mécanique . — L'histoire naturelle et Albert le Grand. — Chimie. — Physique.
— Médecine . — Comment Albert le Grand et saint Thomas entendent l'autorité. — Roger Bacon . — L'induction au Moyen Age. — Écrits encyclopédiques. — Conclusion.
— Le point de vue de François Bacon opposé à celui d'Aristote et du Moyen Age.
Mais si Platon est repréhensible, Aristote est inexcusable. Platon du moins croyait à l'existence de Dieu et faisait dériver les causes finales de la Providence divine, tandis qu'Aristote, lorsqu'il soumet tout aux causes finales et qu'il formule son fameux principe : Rien ne se fait en
vain, ne fait que soumettre l'univers à une idée de son esprit, puisqu'il supprime Dieu et qu'il le remplace par la Nature (1). On comprend en effet qu'un Dieu, tel que celui de la Répuhliqiie ou du TiméCy conçu comme le Bien par essence ne peut agir et produire qu'en vue d'une fin, mais la Nature, le dieu immobile et sourd qu'imagine Aristote, l'acte pur qui ne laisse échapper hors de lui aucune parcelle de son être pour en vivifier le monde, ne doit poursuivre aucun but, Aristote pouvait donc se dispenser de faire usage des causes finales dans l'explication du monde. S'il s'en est servi c'est que, comme tous les sophistes, il a conçu les mouvements du monde sur le type des actions humaines.
Avec plus de décision et de conscience de son but que personne, il a voulu faire entrer les événements du monde dans les cadres idéaux fournis par l'esprit. Aussi a-t-il mérité d'être le maître de l'époque sophistique par excellence, du moyen-âge et de toute lascolastique.Ce n'est pas un sophiste, c'est le Sophiste. Il en rassemble tous les traits épars. Il a été le Maître, ce sera donc l'Adversaire.
(1) De Afêgm. 1. m, c. 5, 1. 1, p. 570