‹ François BoucherChapitre 10 sur 283 · Voir à l’Appendice · texte numérisé non relu

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figure de nouveau et signe, en 1733, sur les registres de la paroisse Saint- Roch, au mariage de son fils’. Doit-on le reconnaître encore dans cette annonce du Mercure de France de février 1742 : « Le sieur Boucher, marchand d’estampes, demeurant place du Vieux-Louvre, proche les appartements de la reine, aux maisons de M. Capperon, vend toutes sortes d’estampes nouvelles, gravées par les meilleurs auteurs, encadrées avec verres blancs et sans être encadrées; 2] fait el vend aussi loutes sortes de dessins des plus à la mode pour meubles et broderies ; le tout à juste prix? » La notice de F. Villot, au catalogue du Louvre, fait du père de Boucher un « dessinateur de broderies, » mais sans indiquer la source de ce renseignement; la Galerie française” en parle sèchement comme d’un « dessinateur médiocre et peu favorisé de la fortune ».

Quoi qu'il en soit, il est vraisemblable que le maître peintre fut le premier à placer le crayon dans la main du petit François; mais il renonça modestement à se charger de son éducation artistique et « le confia au célèbre Lemoyne, » lequel d’ailleurs n’était pas encore le peintre d’Hercule et d'Omphale (1724) et du plafond de Versailles (1736). D’après la Galerie française, un tableau représentant le Jugement de Suzanne, peint par le jeune Boucher à dix-sept ans, attira l'attention du maître, qui crut pouvoir lui prédire dès lors de glorieuses destinées.

Ce serait donc vers 1720 qu'il serait entré dans l'atelier de Lemoyne,

et, si ses souvenirs ou je ne sais quelle susceptibilité mesquine d’amour-

propre ne l’abusaient pas, ce serait également vers cette époque qu'il en serait sorti. Mariette a consigné, en effet, dans les précieuses notes qu'il nous a laissées sur les artistes de son temps, deux assertions formelles de Boucher à ce sujet : « Boucher... m'a dit, écrit-il une première fois.…., que, quoiqu'il fût vrai qu'il eût étudié sous Lemoyne, il n’avait pas profité beaucoup sous un maître qui prenait fort peu de soins de ses élèves et chez lequel il n'avait pas demeuré fort longtemps». La seconde indication est encore plus précise : « ...M. Boucher m'assure qu'il n’a pas demeuré plus de trois mois chez M. Lemoyne. » Et Mariette ajoutait, avec un

1. « François Boucher, peintre du roi, fils de Nicolas Boucher, aussi peintre. »

2. Galerie française ou Portraits des hommes et femmes célèbres qui ont paru en France, gravés en taille-douce sous la conduite de Restout, 1771, in-8°.

étonnement où il se mêlait peut-être un peu d’incrédulité : « De qui donc est-il le disciple? »'

Pour les contemporains, la réponse n’était pas douteuse ; le Mercure l’appelle, en 1737, et à plusieurs reprises, « le digne élève de feu M. Lemoyne; » la Galerie française dit « qu'il fut formé par les leçons de l’immortel auteur du plafond d’Hercule, dont il n’oublia jamais les principes; » et, mieux encore que les témoignages écrits, les œuvres de jeunesse de Boucher attestent que, quelle qu'ait été d’ailleurs la durée de son séjour dans l’atelier du maître, il avait beaucoup regardé ses tableaux et s'était pénétré de sa manière au point de l’imiter sans le savoir. En 1777, passait à la vente Randon de Boisset, entre autres œuvres de Boucher, un Hercule et Omphale accompagnés de deux amours dont l'un tient une quenouille et l’autre une peau de lion, que l'expert Pierre Rémy signalait comme peints « dans le style de François Lemoyne. » La ressemblance est même si grande dans ces commencements que les amateurs ont pu s'y tromper plus d’une fois. La Naissance et la Mort d'Adonis, par exemple, ont été pendant longtemps attribuées à Lemoyne. C’est seulement en 1860 qu’on s’avisa de relever sur un vase renversé au premier plan de la Naissance d’Adonis le monogramme F. B., de consulter le catalogue du cabinet La Live de Jully, où les deux tableaux figuraient sous le nom de Boucher, et surtout de rapprocher des originaux les deux estampes de 1733, portant l’une et l’autre, à côté des signatures des graveurs G. Scotin et M. Aubert, le F. Boucher invenit. Il n’en fallut pas moins pour convaincre les bons juges et restituer définitivement ces tableaux à leur véritable auteur. « Comme agencement des groupes, comme style et tournure, comme dessin et couleur, écrivait Burger-Thoré dans la Gazette des Beaux-Arts’, on n'hésite point à les croire tout de suite de Lemoyne. Ce sont ses types de têtes habituels..…., le même feuillé des arbres, le même ton du ciel; dans les chairs, du jaune et du brun; dans le coloris de l’ensemble, un brillant métallique. »

En quittant Lemoyne, Boucher vint demeurer chez le père de Cars,

1. 6 vol. in-8° (Archives de l'Art français). Paris, 1851-1860. Abecedario de J. P. Marielle, etc., publié d'après les manuscrits autographes conservés au Cabinet des Estampes par Ph. de Chennevières et A. de Montaiglon.

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