MUSETTE
LA
CHAPITRENV
5] ENORMANT de Tournehem mourait subitement le 19 no- SATA vembre 1751, et Abel Poisson de Vandières, le « petit MI frère » de la marquise de Pompadour, reçu depuis décembre 1747 en survivance de sa charge, devenait, à l’âge de vingt-cinq ans à peine, « Directeur et ii œm»)| Ordonnateur général des bâtiments, maisons, châteaux, parcs, jardins, arts et manufactures du Roi. » Boucher ne pouvait certes pas se plaindre d’avoir été jusqu'à ce jour oublié et méconnu; il n'en avait pas moins quelques grâces à désirer encore, quelques ambitions à satisfaire; il est toujours bon d’ailleurs de compter des amis au pouvoir ; l'avènement du nouveau directeur dut le combler d’aise. Il n'avait plus qu'à s'en fier désormais au dispensateur même des
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faveurs royales pour faire valoir utilement ses titres et avancer ses affaires.
L'occasion ne tarda pas à s'offrir. L'ancien directeur de l’Académie de France à Rome, Jean-François de Troy, y mourait le 24 janvier 1752, pendant qu’on rédigeait à la Direction générale des bâtiments un rapport motivé au ministre sur l’indemnité de retour qui devrait lui être accordée’. Cette mort rendait disponible une pension annuelle de 1.000 livres, et Marigny”, sans laisser aux compétitions, toujours si nombreuses en pareille occurence, le temps de se produire, apportait au premier travail du roi, qui le revêtait immédiatement de son Bon, le petit rapport suivant:
« M. de Troy, ancien directeur de l’Académie établie pour le service de Votre Majesté à Rome, vient d’y décéder; il laisse vacante une pension de 1.000 livres.
« Votre Majesté est suppliée de l’accorder au S' Boucher, l’un des peintres de son Académie, qui s’est toujours distingué dans son art et dans les travaux que V. M. lui a confiés. »
Plus peut-être que les pensions royales — dont le payement se faisait trop souvent attendre — les ateliers et logements du Louvre étaient avidement recherchés. Si Boucher n’avait pas encore obtenu cette faveur, ce n'était pas faute assurément de l’avoir désirée et demandée ; sa candidature était posée depuis plusieurs années et quelques-uns de ses amis l'avaient même appuyée de leurs démarches et de leur crédit. Dès le 4 mars 1746, peu de jours après la mort de Coustou (20 février), Bachelier, premier valet de chambre du roi, qui venait de vendre à M de Pompadour le petit château de la Celle, écrivait au directeur général pour