‹ François BoucherChapitre 47 sur 283 · Correspondance litiéraire, t. I, p. 282. (Éd. Tourneux · texte numérisé non relu

Correspondance litiéraire, t. I, p. 282. (Éd. Tourneux

œuvres les plus accomplies de la maturité de Boucher. Thoré a beau trouver les « Phébus horriblement maniérés (Boucher n’est pas fort sur le masculin), » il adore sans réserves «les fillettes délicieuses et les blondes naïades qui s’ébattent sur la mer avec une volupté surnaturelle. » Boucher avait du reste une prédilection particulière pour ces deux tableaux. « J'ai entendu plusieurs fois dire par l’auteur, — écrivait l'expert chargé de la rédaction du Catalogue des tableaux originaux, dessins et eslampes sous verre, elc., de feu M“ la marquise de Pompadour, — qu'ils étaient du nombre de ceux dont il était le plus satisfait. Le jugement d’un artiste aussi modeste et aussi peu prévenu de ses talents que l'est M. Boucher doit être cru. »

Deux Paslorales destinées à Bellevue complétaient ses envois à ce mémorable Salon de 1753. Le Mercure les mentionne avec éloge, et l'abbé Leblanc, capable décidément de toutes les indulgences, mais écho fidèle de l'opinion générale, compare une fois de plus les bergers de Boucher à ceux de Fontenelle, « remarquables par la galanterie et la délicatesse de leurs sentiments, » et conclut à la supériorité de ceux du peintre «qui joignent à tout le mérite des premiers cette naïveté et cette simplicité si précieuse! » Il ne faut jamais oublier ces jugements des contemporains, quand on veut juger équitablement et comprendre le génie d’un artiste.

Tant de travaux — sans compter les plaisirs — ne suffsaient pas à remplir l'activité de Boucher. Il peignait encore, pour le château de la Muette, deux dessus de porte, inscrits sur les comptes de l'exercice 1753 comme devant lui être payés 2.400 livres'; son ami Monet ayant fait, le vendredi 30 juin 1752, l'ouverture de son théâtre à la foire Saint-Laurent, c'est Boucher qui s'était chargé de la décoration de la salle, sans parler des décors de la scène et du dessin des costumes. « Cette salle, disait le Mercure, est admirée de tous les gens de goût et le seul plaisir de la voir, indépendamment des pièces qu'on y représente et de leur exécution, attire un grand nombre de spectateurs. » Il ne se lassait pas de livrer aux amateurs qui se les disputaient et aux graveurs qui les attendaient impatiemment ses dessins et ses tableaux de chevalet aussitôt reproduits ; on publiait dans le courant de l’année 1753 les estampes de plusieurs études de têtes de jeunes filles, d’un Pont rustique, d'un Pécheur, d'un

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