‹ François BoucherChapitre 65 sur 283 · FEMME · texte numérisé non relu

FEMME

Dessin REHAUSSÉ DE BLANC

ANCIENNE CofLeCTIoN DE Goncourt

appelait maintenant «un vieux fou qui se frappe la poitrine et se fesse devant Dieu de tous les mots plaisants qu'il a dits. »

Nous touchons à la fin. Le Salon de 1769 fut le dernier Salon de Boucher : il y envoyait une Caravane de bohémiens dans le goût de Benedetto. Le :vieil athlète « n'avait pas voulu mourir sans se montrer encore une fois sur l'arène, » écrivait Diderot un an plus tard : « Approchez, c’est ici le grand tapageur! » On fit froid accueil à cette dernière œuvre, et le bon des Boulmiers, « capitaine de cavalerie, » dut, avec les meilleures intentions du monde, agrandir la blessure du vieux maître, en imprimant dans le Mercure : « Cet artiste chéri de la nation qu’il enrichit par ses travaux et qu’il honore par ses talents ne doit pas supposer une intention méchante à ceux qui semblent priver ses derniers ouvrages des éloges qu’ils méritent pour les prodiguer à ceux qui les ont précédés. C’est moins une affectation maligne de l’envie qu’une inconstante faiblesse de l'esprit humain qui, toujours errant dans ses goûts, aime mieux regretter les choses passées que de jouir de celles qui sont présentes. »

Les éloges devenaient en effet plus rares, les critiques plus nombreuses et plus pressantes. Un savant suédois, Liden, qui voyageait en France en 1769, et qui a laissé des notes manuscrites pleines de détails sur les bibliothèques, les savants et les artistes français du temps, résumait ainsi les conversations courantes et les jugements qu'il avait recueillis sur Boucher : « On lui reproche de manquer de correction, des yeux trop grands, des nez trop petits et de la monotonie d'expression’. »

Le Mercure de France publiait (décembre 1769) un article signé B*”, et que l’on attribua à Boucher, qui s'élevait une fois de plus contre les critiques du Salon. Les ouvrages des peintres, y était-il dit en substance, ne peuvent se répandre et se défendre comme les livres. Les gravures qu’on en fait ne sont pas toujours fidèles — /radulori, tradilori — et d’ailleurs on n’en grave qu’une faible partie. Un peintre est un père de famille; il supporte les charges de l’état. « Pourquoi souffrir que le premier particulier, presque toujours sans une connaissance parfaite de la chose, puisse faire un tort réel à un artiste. » L'article faisait même appel à

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