L'ACADÉMIE
briser sur le sol pittoresquement garni de bassins de cuivre, de fagots et de légumes entassés. Boucher aimait tant l'idylle qu'il l'a parfois placée jusque dans la cuisine. Ces peintures de mœurs, ces églogues du monde fiimilier passaient peut-
être alors pour des motifs assez frivoles, bien que les tableaux des maîtres hollandais fussent déjà à la mode. Boucher voulait devenir un personnage : il suivait son chemin dans la carrière académique, et ses dessins de costumes, sa Belle Cuisinière n'ont pas nui à son succès. Au printemps de 17^5, la compagnie avait à pourvoir à l'élection de divers officiers. A ce propos, elle organisa entre ses
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membres une sorte de concours, une Exposition intime. Le Mercure en a dit quelques mots. Boucher prit part à la fête avec fardeur d’un nouvel invité. Il montra a ses collègues les Quatre Saisons', on doit supposer que l’Académie
fut satisfaite. Le i juillet, Boucher était nommé adjoint à professeur, titre qu'il échangea deux ans après contre celui de professeur titulaire'. On croyait, en
I. Disons ici que Boucher a successivement occupé tous les grades à IWcadéniie rovale. Professeur le 2 juillet 1737, il devint adjoint à recteur le 29 juillet 1753, recteur le 1“ août 1761 et directeur le 23 août 1765. Aucun titre ne lui a manqué.
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ces heures de critique indulgente, que Boucher pouvait enseigner. Cette grave fonction n'était pas tout à (iiit, comme on le verra plus tard, dans les aptitudes de son esprit. Il a cependant lormé des élèves, car la fortune souriait a ses