‹ François Buloz et ses amis (volume 2)Chapitre 18 sur 106 · Id., notes sur la 6» lettre de Lui, p · texte numérisé non relu

Id., notes sur la 6» lettre de Lui, p

en un acte et en prose par « Moi ». On attribua cet acte à Gaston Lavalley, il est d'Alexis Doinet\ Le nom (les personnages est assez étrange :

Lui-même, frère de Lui ;

Nous, notaire ;

Tien, domestique de Lui-même ;

Elle Un ;

Elle Deux, etc.

En août 1859, George Sand remit à François Buloz le manuscrit de Jean de la Roche. Le directeur de la Revue en fut satisfait ; cependant, il demanda à son auteur quelques corrections, ici ou là : il trouva certaines parties trop romanesques, et puis l'héroïne, qui n'a que quinze ans, raisonne comme si elle en avait vingt-cinq ou trente. George ne pourrait-elle la vieillir un peu ?

Cependant l'intérêt de Jean de la Roche ne réside pas uniquement dans le roman, mais aussi dans la préface... Car George s'aperçut à la longue que Paul de Musset avait écrit Elle et Lui et répondit par cette préface, assez fièrement, aux attaques de Paul :

« Quant aux malheureux esprits qui viennent d'essayer un genrenouveau dans la littérature et dans la critique, en publiant un pamphlet, en annonçant à grand renfort de réclame et de déclam ations imprimées ,

1, Chez le Gost Glérisse, Gaen, 18G0.

que riiorrible héroïne de leur élucubralion était une personne vivante, dont il leur était permis d'écrire le nom en toutes lettres, et qui lui ont prêté leur style en affirmant qu'ils tenaient leurs preuves et leurs détails de la main d'un mourant, le public a déjà prononcé que c'était là une tentative monstrueuse, dont l'on rougit, et que la vraie critique renie, en même temps que c'était une souillure jetée sur une tombe.

« Et nous disons, nous, que le mort illustre enfermé dans cette tombe, se relèvera, indigné, quand le moment sera venu. Il revendiquera sa véritable pensée, ses propres sentiments, le droit de faire lui-môme la fière confession de ses souffrances, et de jeter encore une fois vers le ciel, le grand cri de justice et de vérité qui résume la meilleure partie de son âme, et la plus vivante phase de sa vie

a Quelques amis ont reproché à l'objet de ces outrages de les recevoir avec indifférence ; d'autres lui conseillaient, il est vrai, de ne pas s'en occuper du tout; après réflexion, il a jugé devoir s'en occuper en temps et lieu, mais il n'était guère pressé. Il était en Auvergne, il y suivait les traces imaginaires de son roman nouveau, à travers les sentiers embaumés, au milieu des plus belles scènes du printemps. Il avait bien emporté le pamphlet pour le lire, mais il ne le lut pas. Il avait oublié son herbier, et les pages du livre furent purifiées par le contact des fleurs du Puy-de-Dôme et du Sancy. Suaves parfums des choses de Dieu, qui pourrait vous préférer le souvenir des fanges de la civilisation ^ ? »

i. Préface de Jean de la Roche. Revue des Deux Mondes, 15 octobre 1839.

C'est ainsi que George répondit à Paul de Musset, quand elle se décida à sortir de son sommeil léthargique, et de sa première indifférence. La riposte est violente, François Buloz l'approuva cependant. Il n'y changea qu'un mot; parlant du pamphlet de Paul, George avait d'abord écrit : « Sans vouloir en appeler à la justice des tribunaux », et François Buloz substitua à ces mots : « la justice des hommes. » A son sens le mot « tribunaux » manquait de « fierté' ».

Voici ce que le directeur de la Revue des Deux Mondes écrivit à George à propos de cette préface :

Paris, 25 octobre 1859.

« Mon cher George,

« Votre préface si haute et si éloquente, et quelques mots de Manin, qui répondent parfaitement à tout ce que je vois et observe, depuis quelques années, me donnent l'idée de vous proposer une tentative.

« Manin disait, je l'ai appris récemment : « En « France, je n'ai trouvé de jeunesse que chez les vieillards! » Le mot est trop vrai, malheureusement, et je pouvais dire avec la même justesse il y a plus d'un an, en parlant du fds d'un ancien ministre : « Si je considère l'attitude du père et celle du fils, « malgré ses vingt-cinq ans, ce n'est pas le fils qui « est le jeune homme, c'est le père. »

« La « jeunesse », en effet, si je ne suis pas un vieux

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