‹ François Buloz et ses amis (volume 2)Chapitre 38 sur 106 · Ici · texte numérisé non relu

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être quelques lettres de moi. Vous lirez auparavant et vous jugerez vous-7nême . »

« Voilà tout ce que je vous demande. »

Car George Sand est toujours hantée par l'idée d'un tribunal anonyme siégeant à la Revue (?), corrigeant les auteurs et les récrivant à leur guise, ce qui, à bon droit, l'exaspère.

En proposant le livre de son Qls Six inille lieues à toute vapeur, George désire paraître à la Revue (avec son nouveau roman Tamaris) en même temps que son fils; l'idée est touchante, elle insiste auprès du directeur : « Je serai prête, moi, pour le 30, je ne vois pas d'inconvénient... à la publication simultanée de deux choses si différentes de forme et de sujet. Je crois et j'espère qu'il ne vous déplaira pas (l'ouvrage de Maurice), appréciez-le vous-même avec votre sens pratique et ne le livrez pas au jugement trop académicien de ceux avec qui j'ai eu maille à partir. »

Cependant, François Buloz, comme il l'a promis, a lu le livre de Maurice, il le publiera; il faitpourtant ses observations : « J'ai remarqué l'expression « une, « forêt navrée », c'est bien risqué. Je vous en fais l'observation ^ » Et quelques jours après :

« Dans la fin manuscrite du voyage, je crains que le président Lincoln ne soit un peu tourné en cari-

1. Collection S. de Lovenjoul, 18 janvier 1862, F. 10, inédite.

no FRANÇOIS BULOZ ET SES AMIS

cature. Voyez. On est bien court aussi sur Mac Clellan, qu'on compare cependant au premier consul avec une tendance un peu marquée... Dieu préserve l'Amérique d'un Empereur ! Je vous avoue que je deviens fort républicain en voyant comment tournent les princes royaux et impériaux.

« Je me faisais parfaitement à la République que je n'avais pas appelée pourtant, et je regrette que la tentative n'ait pas mieux réussi : vous voyez les revirements qu'amènent les révolutions. ^ »

Voici comment George Sand répond aux observations de François Buloz...

« Je vous demande la permission de laisser... le mot navrée pour la forêt.

« C'est une de ces expressions qui sentent l'individualité etd'ailleurs, celle-ci est bonne. Vous invoquiez l'autrejourTétymologie, celle-ci est parfaitement synonyme de blessée, et terrassée. Mais pourquoi la Revue s'obstine-t-elle à imprimer ^aze^e quand tout ce qui est jeune écrit gaîté. Je demande qu'on me laisse cette orthographe, une fois pour toutes, je veux être jeune en dépit de la Revue. »

Et François Buloz :

« Vous avez bien raison de vouloir toujours rester jeune. C'est que vous Têtes, en effet, ma chère fée ! vous vous renouvelez sans cesse. »

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