‹ François Buloz et ses amis (volume 2)Chapitre 77 sur 106 · LA BARONNE POSE BLAZE DE BURY · texte numérisé non relu

LA BARONNE POSE BLAZE DE BURY

rarement réunies chez une femme. Il semble bien que dans le couple Blaze de Bury, la belle Rose fut le « dirigeant )). C'est elle qui insuffle à son époux l'ambition, et lui impose pour ses propres entreprises, une admiration si fervente, qu'il lui écrit en Autriche, lorsque parfois elle s'impatiente des exigences de François Buloz à la Revue : « Ne doute pas de ton génie ! »

Energique et aventureuse, M""® Blaze de Bury devait avoir, sur le caractère plus rêveur de son époux, cet ascendant; il ne fut d'ailleurs pas le seul à le subir et beaucoup, autour de lui, l'éprouvèrent de même. La nature confie à certains êtres comme celui-ci, un rôle; leur force les destine à le jouer : ils mènent, ils imposent leur pensée, entraînent à l'action, il semble qu'à côté d'eux, rien ne peut échouer, enfin ils sont dirigeants et non dirigés.

J'ai éprouvé maintes fois le pouvoir de chef que possédait cette femme, en lisant sa correspondance. Ajoutez que la baronne Rose est une amie excellente ; quelles que soient ses occupations, ses inquiétudes, ou son éloignement, elle n'a garde de négliger ses amis, s'occupe constamment de leurs aflaires, les guide, les encourage, intrigue pour eux; elle en possède tant aux quatre coins de l'Europe ! Elle exige qu'ils la tiennent au courant de leurs démarches, s'offre à en faire de nouvelles. En quoi peut-elle les servir? Le Père Gratry lance-t-il un livre? Voici

M"*^ Blaze de Bury sur l'heure en campagne, parlant à Cousin, et à Villemain, obtenant un article de Lerminier sur l'ouvrage du Père, qui écrit enchanté : « Combien je vous remercie, chère dame, car c'est votre œuvre ^ », il termine : « Soyez bénie. »

M. de Montalembert lui rend grâces aussi pour le même service, en 1860 : « Vous me gâtez. Madame, comme toujours, mais aussi il n'y a que vous qui me veuillez du bien, en France comme en Angleterre. Avez-vous lu ce qu'a dit de moi le Times, et surtout le Morning Post, qui me compare à Thersite, et à la courtisane Phryné-? » etc..

La sentant si entièrement dévouée, ses amis, souvent, s'en remettaient à elle et disaient : « Dirigeznous. » D'autres, malheureux ou découragés, venaient puiser auprès d'elle, Ténergie dont elle débordait : elle en avait assez pour tout le monde.

A dix-huit ans. Miss Stuart écrivait, à la demande de Lord Brougham, des articles sur les lois dans The Law Review ; en 1843, avant son mariage, elle collaborait à la Reçue des Deux Mondes, à la Revue de Paris ^ ; elle donna aussi des articles au Correspondant et aux revues étrangères (elle écrivait couramment en quatre langues), notamment au Daily News où elle publia régulièrement des chroniques

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