‹ François Buloz et ses amisChapitre 143 sur 212 · Maxime Du Camp, déjà cité · texte numérisé non relu

Maxime Du Camp, déjà cité

LAREVUEDE PARIS. 341

Marianna, « avec le sang de ses blessures ». « Ce livre », disait J. J. aux Débals, « a été inspiré à son auteur par une de ces douleurs profondes et sincères, qui remplacent, et au delà, l'inspiration la plus puissante... L'auteur vous est connu à plus d'un titre, il s'appelle Jules Sandeau. Avec la moitié de son nom, a été composé le nom le plus célèbre, le plus mystérieux, et le plus terrible de ce temps-ci. »

Pontmartin, qui fut introduit plus tard par Sandeau à la Revue, affirme aussi que a l'illustre auteur à'Indiana », prit encore au romancier « la moitié de son cœur et de son repos ». La douleur de cette rupture (dont on prétendit qu'il ne guérit jamais), ne rendit cependant Sandeau ni plus énergique, ni plus laborieux, car il fut paresseux « sans délices^ », ce qui signifie, sans doute, que cette paresse lui coûta, et qu'il en souffrit à ses heures.

Sandeau, comme Sand, était Berrichon; il était né en 1811 à Aubusson, et fils d'un employé aux Contributions indirectes. Jeune, c'était un garçon paisible et doux, « blondin frisé comme un petit saint Jean de Nativité ». Il semblait mal taillé pour supporter leg, rafales, et pourtant il débuta dans la vie par cette lamentable histoire d'amour...

Parlant des préliminaires de cette histoire, et du jeune amant, M. Doumic a dit : « On ne sait

i. Brunetière, J, Sandeau, Revue des Deux Mondes.

pourquoi, tout ce qui a trait au petit Jules prend un caractère de niaiserie ^)) Pourtant, c'est Theure où George écrit : « Vivre! que c'est doux! que c'est bon! malgré les chagrins, les maris, l'ennui, les dettes, les parents, les cancans... Vivre! c'est enivrant! aimer, être aimé ! c'est le bonheur, c'est le cieP! » Et c'est le petit Jules qui l'inspire! Par contre, la description de leur intimité, qui attendrit sa maîtresse, est peu entraînante : c< Cette petite chambre sur le quai, où je vois Jules en redingote d'artiste crasseuse et déguenillée, sa cravate sous son derrière, étalé sur trois chaises, tapant du pied, ou cassant la pincette dans la chaleur de la discussion^... »

C'est l'époque où tous deux écrivent Rose et Blanche. « George compose, et Jules anime le dialogue... ))Mais pendant que George travaille sans relâche, le petit Jules se montre paresseux, il a des caprices d'enfant gâté... des humeurs noires. Enfin, bientôt George « en a assez ».

Ma grand'mère disait : « Un jour George le surprit avec la blanchisseuse »; puis elle ajoutait : « il est vrai que c'était la blanchisseuse de fin! », et elle semblait trouver, à cette distinction, une excuse. Cette... défaillance de Sandeau arrivait donc à point : ce On pardonne tant que l'on

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