janvier
ceux qui ont passé l'âge de trente-cinq ans, le public n'en était pas là. Cet aspect vrai, sous lequel, j'aime à le croire, vous vous représentiez les choses et les hommes de nos vieux temps, ne se trouvait point dans les livres où le gros public apprend l'histoire nationale. Je me suis dévoué à la tâche de le rendre clair pour toutes les intelligences... Et en touchant à cette partie de ce qu'on peut nommer le vêtement de l'histoire, j'ai été discret et modéré; je me suis éloigné le moins possible de la tradition usuelle... »
En 18M, A. Thierry perdit sa femme, et se trouva une fois encore seul. C'est alors qu'une grande et belle dame, qui eut son heure de célébrité, et même de gloire, — la princesse Belgio- 'joso, — admiratrice de son génie, lui offrit l'appui de son amitié, et l'engagea à demeurer auprès d'elle. Sa vigilance, ses tendres soins, l'intérêt fidèle qu'elle lui témoigna, embellirent les dernières années de l'historien, il mourut en 1856. Au lendemain de cette mort, la princesse écrivait à un des amis du disparu :
« Mille remerciements pour votre aimable souvenir. Puisque vous étiez hier à cette triste cérémonie, vous étiez l'ami de mon pauvre Thierry; d'ailleurs je l'ai entendu vous nommer plusieurs fois... Ne m'accorderez-vous pas le moyen de vous remercier de vive voix? »