‹ François Coillard (volume 2)Chapitre 100 sur 138 · J. M. E., 1867, p. 210 et suiv · texte numérisé non relu

J. M. E., 1867, p. 210 et suiv

F. COILLARD

« Et maintenant, ô mon Père céleste, ouvre tes cieux, ouvre mon cœur, et accorde-moi la bénédiction que toute cette assemblée en prière va te demander pour moi. Amen ! »

M. Gasalis prit alors la parole, et, parlant de son départ vingtquatre ans auparavant : « J’étais alors jeune et inexpérimenté comme vous, dit-il. Le temps n’a point effacé l’impression que produisit sur moi la disproportion que je découvris entre mes forces et la tâche à remplir. Une véritable terreur s’empara de mon âme Je me vis comme enserré dans un réseau d’impuis-

sance dont rien ne semblait pouvoir m’affranchir. C’est là, sans doute, ce que vous éprouvez à votre tour. »

C’était bien, en effet, ce que ressentait Coillard, depuis qu’il avait reçu l’appel du Comité; ce sentiment ne l’empêchait pas cependant de s’écrier en sortant de cette cérémonie :

y heures soir. — Me voilà donc ministre de la Parole de Dieu! O quelle grâce, mou Dieu! quelle faveur! Je ne puis dire tout ce que je ressens de paix, de bonheur, de reconnaissance et d’amour! Sois béni, Seigneur!

Minuit. — Je me couche, mais je ne puis m'endormir sans bénir Dieu.

Le départ anticipé de Coillard fut pour sa mère un coup très rude :

« Pauvre mère! écrivait-il le 6 mars 1867. Quel déchirement! Elle espérait toujours que son bâton de vieillesse lui serait rendu! Elle ne pouvait accepter que dans deux ans... 0 mon Dieu, mon Père, souviens-toi d’elle ! »

Et maintenant il lui fallait aller prendre congé d’elle, d’Asnières, de tout ce milieu, l’objet de ses constantes préoccupations. Il s’y rendit après sa consécration, à la fin de mai.

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