‹ François Coillard (volume 2)Chapitre 98 sur 138 · EXAMENS · texte numérisé non relu

EXAMENS

n’est pas, après tout, la chose la plus importante. La grande affaire pour nous, c’est de faire valoir, selon notre capacité, le talent qu’il nous confie et non celui que nous n’avons pas reçu ; c’est de répondre quand II nous appelle et d’ètre toujours prêt à lui dire : « Me voici, Seigneur, que veux-tu que je fasse? »

Coillard écrivait à un ami, le 10 avril :

« De toutes parts 011 m’encourage fortement à répondre courageusement à la voix de mon Maître, et même le Comité, avant d’avoir ma réponse officielle, considérait déjà mon départ comme une chose bien arrêtée. »

Lundi i3 avril i8oj. — M. Casalis a prié ce matin pour ma mère, cela m’a fait du bien. Pauvre mère! Partirai-je sans la voir se convertir au Seigneur?

Mon examen et ma consécration semblent fixés au milieu de mai. J’irai donc passer à Asnières plus d’un mois! Oh! que le Seigneur me prépare à ce dernier séjour au milieu des miens! J’ai bien besoin de plus de vie!

Mercredi i5 avril. — Je ne pense qu’à Asnières et je ne m’occupe pas plus de mes examens que si je n’en avais aucun à subir.

Mercredi 22 avril. — J’ai parlé à l’assemblée générale de la Société des Missions. J’étais profondément ému et l’on a cru généralement que je faisais mes adieux, ce qui est faux.

Coillard dit dans cette occasion que ce n’était pas sans combats qu’il avait accepté l’appel du Comité, et, en terminant :

« Oh ! priez pour ma mère, s’est-il écrié avec une émotion qui s’est communiquée à l’assemblée entière ; priez pour ma mère ! O mon Dieu, je t’en supplie, souviens-toi de ma mère 1 ! »

Même jour. — J’ai reçu de nombreuses marques de sympathie, et je devrais ajouter des batteries, car j’en ai abondamment reçu. Je dois ce soir aller chez le comte Pelet de la Lozère passer la soirée avec MM. Casalis et Damnas. Ces invitations sont bien ennuyeuses, elles me font perdre un temps immense.

Lundi j8 mai 1807, soir. — Veille de mes examens. Seigneur, soutiens-moi !

Mardi ig mai. — Dieu est notre retraite, notre force, notre secours dans les détresses et un secours fort aisé à trouver; c’est pourquoi nous 11e craindrons plus quand on remuerait la terre et que les montagnes se renverseraient dans la mer, quand les eaux viendraient à bruire et que les montagnes seraient ébranlées par l’élévation des vagues. Ps. XL vi, 2-4.

Avec cela je puis aller subir mes examens, j’y vais.

Le matin même de l’examen, le pasteur Eugène Berger, qui, quelques années auparavant, avait été appelé de Beaucourt à Paris, écrivait au candidat :

« Je souffre et pleurerais volontiers de ne pouvoir aller assister à votre examen Pendant ces heures d’épreuve, comme

toujours, regardez à Lui, cher ami, et qu’il mette dans votre

bouche chacune des réponses que vous devrez faire Bonne

confiance, frère; le Seigneur est là. Paix, force, intelligence et joie vous soient de sa part par la vertu du Saint-Esprit. »

Le pasteur J. -J .-Louis Yallette, dès lors pasteur à Jussy près Genève, raconte cet examen auquel il prit part comme professeur d’hébreu : « Coillard a été interrogé sur le latin, l’hébreu, l’exégèse, la dogmatique, l’histoire ecclésiastique, et, de plus, il a récité un morceau de Monod, lu un sermon qu’il avait composé en trois jours, et fait, au bout de dix minutes de méditation, une petite improvisation sur le cep et les sarments. Cette après-midi, terminée par le dîner en famille, a été une véritable fête; des prières ont commencé et terminé l’examen qu’ont entrecoupé des cantiques. »

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