MORT D’ADOLPHE M VRILLE
ce Si Dieu me conserve la vie et la santé *, j’irai quand même au Lessouto. Mes collègues croient que, dans les circonstances présentes, ce voyage est devenu urgent dans l’intérêt de notre mission zambézienne. »
Goillard rentra à Léalouyi, le 28 août, pour faire ses préparatifs de départ. Mais il rentrait sans Waddell1 2, « cet homme, disait-il, qui, en se dévouant comme il l’a fait à notre mission, a donné un splendide exemple de sacrifice ». Waddell, contraint par sa santé, était resté à Kazoungoula, où il attendait une occasion pour partir pour l’Europe :
« Mes pensées courent après vous, lui écrivait Coillard. Oh ! que j’aimerais savoir où vous êtes et quand vous reviendrez 1 J’irai tout droit à Kazoungoula pour vous souhaiter la bienvenue, mon cher vieux compagnon. J’attends anxieusement vos lettres. Vous connaissez notre expression française : « au revoir, » je l’aime mieux que « adieu » et c’est la salutation que je vous adresse. Au revoir, donc, à Léalouyi. »
Waddell, atteint d’une terrible maladie, dut renoncer à retourner au Zambèze ; lorsque Coillard l’apprit, il lui écrivit (10 février .896) :
« C’est un coup de foudre qui anéantit tous nos rêves, bouleverse tous nos plans, assombrit toutes nos perspectives ; et maintenant, que dirons-nous ? Celui qui a permis cela ne se trompe pas et fait toutes choses bien. Il vous donnera sa grâce, mon cher ami, une grâce suffisante pour