Ad. Jalla, Pionniers, p
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un arrêt et même un recul dans le mouvement de réveil qui avait commencé à la capitale. A Séfoula aussi, il y eut recul.
C’est à ce moment-là que l’état de faiblesse et de maladie de Coillard s’aggrava. Il se sentait arrivé au bout de la carrière et les questions les plus angoissantes se posaient à lui, entre autres celle d’un voyage en Europe :
« Elle m’avait bien hanté déjà1; mais je l’avais toujours envisagée de mauvaise grâce et avec un sentiment qui tenait de la frayeur. »
ij juillet i8g5. — Dieu est pour nous un refuge et un appui, un secours qui ne manque jamais dans la détresse. (Ps. xlvi.) J’avais besoin que mon Dieu me le redise au commencement de cette nouvelle étape, ma soixante et unième. Je me sens si souvent troublé par les ombres de l’avenir! Où que j’aille, je suis désormais un fardeau. Comment vivre en Europe? Comment ici? Tout seul au monde! Je me remets entre les bras de mon Dieu et Père : <t Ne me rejette pas au temps de la vieillesse ; quand mes forces s’en vont, ne m’abandonne pas. » (Ps. lxxi, 9.)
O mon Dieu, que tout ce que j’ai, tout ce que je suis te soit consacré. Que je ne vive que pour toi seul !
Ce matin, après 5 heures, j’ai entendu des pas, puis des voix et une touchante prière qu’Adolphe a composée et fait chanter par nos enfants. J’ai été saisi d’une si grande émotion que c’est à peine si j’ai trouvé la force d’aller serrer silencieusement la main d’Adolphe et remercier ceux qui étaient encore là.
J’ai pensé tout le jour au retour de Jacob au pays de Canaan et à sa première visite à Béthel, après toutes ses
i. Sur le Haut-Zambèze } p. 556.
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épreuves et tous ses chagrins : « Levons-nous et montons à Béthel et je ferai là un autel au Dieu fort qui m’a répondu au jour de ma détresse et qui a été avec moi dans le chemin où j’ai marché. » (Genèse xxxv, 3.) Et quelle préparation! Toute sa maison se purifie, se sanctifie, enfouit les dieux étrangers; et quelle réponse de Dieu qui le bénit et lui renouvelle les promesses d’autrefois !
Jeudi 25 juillet. — J’ai souffert toute la journée d’hier. Je n’avais pas dormi malgré une forte dose de laudanum. J’ai pu cependant m’occuper de mes jeunes gens.
Vendredi 26 juillet. — J’ai pu me traîner au village.
3 août. — Semaine de luttes et aussi de souffrances. J’ai été au village hier, j’en suis revenu épuisé.
Dimanche 4 août. — C’est dur de se sentir aux vieux fers. Journée misérable! J’ai végété.
Lundi 12 août i8g5. — Je n’ai pas pu me lever hier pour prêcher, bien que je l’eusse fort à cœur. J’ai gardé le lit jusqu’à l’après-midi. Le roi a demandé à me voir. Pauvre Léwanika, il avait l’air triste. Aujourd’hui, je ne suis pas mieux. Impossible, de ma chambre, de me faire entendre de qui que ce soit. Si je meurs ici, je mourrai seul. Mais Seigneur Jésus tu seras avec moi, près, tout près de moi. Je n’ai personne d’autre, mais tu me suffis, toi. Oh! donnemoi ta grâce, abondance de ta grâce, grâce sur grâce, pour tout endurer, tout souffrir, sans me plaindre et te glorifier au milieu des plus grandes douleurs! Je puis triompher par ta grâce, moi, qui suis si sensible à la douleur physique!
Dès lors, pendant trois mois et demi, Coillard, dont l’état s’aggravait de jour en jour, ne tint plus son journal.
« Je relève, une fois encore, de maladie, écrivait-il le