LE CAMP
allait évangéliser au Camp, « ce foyer d’infection pour tout le pays », où Nathanaël Makotoko célébrait un culte public tous les matins.
« Notre district est toujours en convulsions1. Jonathan force tous ses partisans à se construire une hutte de refuge au Camp. C’est une mesure stratégique que je regrette à tous égards. L’œuvre en souffre. Nous avons plusieurs annexes qui n’ont pas été réoccupées; nous avons de la peine à obtenir de nos gens et de nos enfants la régularité pour les réunions et l’école journalière: Le Camp est à deux lieues d’ici et il faudrait tout le zèle des plus beaux jours d’autrefois pour leur faire surmonter le froid, le vent, le soleil et leur paresse. Nous n’avons qu’une poignée d’hommes sur la station. Je crois que c’est la crème de notre troupeau. Nous soupirons après un réveil. Mais on dirait que nous sommes tout seuls à le demander. Pauvres gens ! On comprend que les préoccupations politiques les absorbent. »
Le 3i mai 1 883 devait être célébré à Morija le jubilé cinquantenaire de la fondation de la mission du Lessouto. Coillard se réjouissait de s’y rendre avec M. Jeanmairet pour y rencontrer, de nouveau, M. et Mrae Boegner et pour conférer avec ses collègues. Mais il avait compté sans la guerre civile.
« Il y a eu dimanche huit jours (29 avril)2, nous sortions d’un service solennel où la présence de Dieu s’était fait sentir à nos âmes, quand le cri d’alarme se lit entendre. Joël approchait à grands pas, à la tête de son armée. Aussitôt les hommes de saisir leurs montures, les femmes, les