Lettre à E. Casalis, Léribé, 26 mai i
VISITE DE M. ET Mme BOEGNER 2 1
il a si souvent fait des miracles. Je comprends maintenant pourquoi Dieu m’a arrêté. Jamais, même si je l’avais voulu, je n’aurais pu quitter maintenant Léribé pour aller au Zambèze. J’avais un ministère à remplir ici, douloureux mais nécessaire. »
M. et Mme Alfred Boegner purent venir passer quelques jours à Léribé (20 juin-3 juillet 1 883).
« A Léribé, écrit M. Boegner1, nous avions, dans le fait, deux œuvres devant nous et par conséquent deux sujets d’entretien et d’études: la station et le projet de mission au Zambèze. » Et, après avoir parlé des horreurs de la guerre civile, il ajoute : « La mission du Zambèze aura eu, par ces guerres et ces troubles, son baptême de douleur. M. Coillard a vu sa foi dans l’entreprise qui lui est confiée passée au crible, mais, grâce à Dieu, sortie triomphante du creuset. »
Cette visite fut un vrai réconfort et un grand encouragement pour M. et Mme Coillard ; des liens s’étaient noués « que l’avenir ne fera que fortifier2 ». A la fin d’aout, M. Boegner s’embarquait pour l’Europe et Coillard lui écrivait (3 septembre) :
Merci, bien cher frère et ami, pour cette parole d’adieu que vous me criiez encore au moment où vous alliez lever l’ancre : cc Confiance et courage. » Ah ! oui, nous avons besoin des deux, vous le savez et vous le demanderez pour nous. Dieu nous en donnera la mesure qu’il nous en faut, je le crois. »
Du i3 juillet au 22 août, Coillard, se conformant à une décision de la Conférence et à son propre désir, fit, avec M. Jeanmairet, parmi les églises du Lessouto, une tournée pour y réveiller l’esprit apostolique, et l’intérêt en faveur de la mission du Zambèze ;
2. Lettre de Coillard, Léribé, 1 o juillet 1 883, impr. dans J. M. E., i883, p.374 et suiv.
F. CO ILLARD
MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE
il laissait Mme Coillard à Léribé. DeSiloé, le 28 juillet 1 883 , il lui écrivait :
c( J’espère que Dieu te donnera la grâce, ma bien-aimée, de lui faire, joyeusement et une fois pour toutes, le sacrifice qu’il exige de toi, quelque coûteux qu’il soit. Je sais, moi, tout ce qu’il a de coûteux, mais ton Maître le sait aussi. Je n’ai pas besoin de le rappeler, chaque sacrifice apporle avec soi ses compensations et ses bénédictions. Je n’ai pas l’intention de te faire un sermon. Mais je ne cesse de demander à Dieu qu’à l’égard du Zambèze, tu aies le cœur parfaitement au large et que tu 11e regrettes jamais que nous nous soyons donnés à cette œuvre.
« J’ai l’impression qu’indépendamment des missionnaires, dont les sympathies aujourd’hui nous sont acquises, il y a un courant caché dont je n’ai pu encore saisir ni la nature, ni l’origine. Je commence à croire que je n’aurai personne pour aller comme évangéliste et même comme conducteur. Je crois que Dieu veut éprouver notre foi jusqu’au bout. L’histoire de Gédéon se répète. Mais si Dieu le veut ainsi, pourquoi nous en tourmenter? L’œuvre est la sienne. Il sait ce qu’il fait. Quant à moi, si la conviction inébranlable que j’ai de l’appel que Dieu nous adresse est erronée, je me suis étrangement trompé quand je suis venu en Afrique et toute ma vie ne serait qu’une erreur. C’est ce que je n’admets pas.
« Mais n’imposons pas nos plans à notre Maître et, s’il ne veut pas encore se servir des Bassoutos pour porter l’Évangile au Zambèze, pourquoi le voudrions-nous, nous, coûte que coûte? Le temps viendra. En attendant, faisons notre devoir et ne le faisons pas en martyrs, mais avec joie. »
De Béthesda, le ier août :
« Ne te fatigue pas trop pour les emballages. Et surtout