LES ADIEUX O9O
Le i3 décembre, à bord du Dunvegan Castle, il écrivait aux amis laissés en Europe 1 :
« Mes pensées sont un peu comme l’Océan sur lequel nous voyageons : tumultueuses et agitées ; mais ce n’est qu’à la surface : comme sous les vagues immenses, que fend la proue de notre navire, il y a un grand calme, ainsi, par-dessous les émotions naturelles de ce dernier départ, il y a une paix profonde. Aucune ombre de tristesse, aucune goutte d’amertume n’est venue troubler la solennité de ces derniers moments. Pour moi, le souvenir en restera tout imprégné du parfum de la vie de Christ, et ensoleillé de la gloire de la présence de Dieu.
« C’est au seuil de l’éternité et au pied du Trône de la grâce que nous nous sommes dit adieu, et c’est là que nous nous sommes donné rendez-vous. Heureux celui d’entre nous qui sera appelé le premier à franchir le seuil des palais éternels et à contempler le Roi dans sa beauté, ce Roi que nous servons et que nous aimons, mais que nous n’avons pas encore vu! Et si une larme vient humecter les paupières de ceux qui restent, quand ils en recevront la nouvelle, c’est avec une joyeuse espérance qu’ils se diront l’un à l’autre en se montrant les rives du ciel : « Enfin! arrivé, lui aussi. Alléluia ! » Toutes ces pensées bouillonnaient en moi, à la gare, en échangeant le baiser d’adieu avec les représentants de nos nombreux amis de France, de Suisse et d’ailleurs.
ce Le Seigneur sourit à notre voyage. Ces derniers temps, vous le savez, ont été signalés par de violentes tempêtes, et, de partout, on 11’entendait parler que de naufrages. La Manche s’est montrée furieuse. La baie de Biscaye est