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A M. de Rougemont, Paris, i4 novembre

F. COILLARD - — MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE

de tous côtés, de tous les coins de la France! Mais le Seigneur était là.

Le lendemain, séance extraordinaire du Comité, suivie d’une sainte Cène d’adieux.

J’ai parlé. Mon cœur a parlé, mieux, plus librement qu’à l’Oratoire. Sémondji aussi a parlé et très bien.

Le mercredi 23 novembre, Coillard quitta Paris. 11 s’arrêta au Havre, d’où, le 25 novembre, il s’embarqua à minuit, pour l’Angleterre. Il eut avec un ami, dans sa cabine, un long moment de prière ; il sentait qu’il ne reverrait pas l’Europe, et il voulait que les derniers instants passés sur la terre de sa patrie fussent passés à genoux. Coillard répéta lentement et à plusieurs reprises : « Oh ! mon pays ! si tu voulais accepter ton Roi ! » La dernière parole qu’il dit sur terre française fut celle-ci qu’il affectionnait : « Notre œuvre est pour le Roi. »

A Londres, il eut encore beaucoup à faire x. Enfin il s’embarquait le 10 décembre 1898.

A Southampton, nouveaux adieux; plusieurs amis étaient là. Nous avons prié tous ensemble. Puis, le signal donné, vers 4 heures et demie du soir, tous ont évacué le bateau, la planche a été levée, la machine a soufflé et, à travers les ténèbres, quand nous ne distinguions plus les visages, les mouchoirs, qui s’agitaient, nous apportaient encore un dernier et silencieux message. Bientôt, les ténèbres s’épaissirent, la cloche du train qui allait emporter les nôtres sonna, notre vapeur aussi s’éloigna, nous étions en route.

1 . Son discours prononcé dans l'église française de Bayswater, à Londres, le dimanche 4 décembre, a été imprimé sous le titre de Faisons Jésus-Christ roi , Londres et Paris 1899, in-12 de 32 p.

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