‹ François CoillardChapitre 218 sur 282 · A M. et Édouard Favre, Léalouvi, 22 juin · texte numérisé non relu

A M. et Édouard Favre, Léalouvi, 22 juin

2. Léalouyi, 12 mars 1901, impr. dans J.M.E. , 1901, 2e sem., p. 53 et suiv.

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quatre jours seulement. Atterrés par ce coup terrible et si imprévu, nous nous regimbons contre la cruelle réalité, nous ne la croyons pas possible, nous nous croyons sous l’empire d’un affreux cauchemar : la place si grande, qu’il occupait tout à l’heure encore parmi nous, est maintenant vide. Pour moi, qu’il me soit permis de le dire, c’est comme une autre partie de moi-même qui vient de mourir. Oh 1 pourquoi Dieu n’épargne-t-il pas les jeunes? Rien 11e nous faisait prévoir ce nouveau déchirement qui ravive tous les autres à peine cicatrisés.

« Dirons-nous, avec un regret amer, que sa carrière a été tranchée à son début comme un vigoureux bourgeon? La carrière la plus belle et la plus bénie n’est pas la carrière la plus longue, c’est la carrière la plus fidèle. Dieu sait ce qu’il fait quand il dit à l’un de ses serviteurs qui paraît très nécessaire à son œuvre : « Mon ami, monte plus haut ! » Ce 11’est pas une carrière brisée, c’est une promotion. Qui dira le glorieux épanouissement, là-haut, de tous ces beaux dons que nous admirions tant ici-bas? Nous le saurons un jour. Ne nous étonnons pas que le Roi cueille les plus belles Heurs de son parterre pour en orner ses palais.

« Et quant à son œuvre, ne nous alarmons pas. Cessons de trop trembler pour l’arche de l’Eternel. L’œuvre est sienne. Pour l’accomplir en son temps, il a des ressources et des moyens que nous ignorons. Quand notre adorable Maître était saisi, garrotté, abandonné de tous les siens, traîné dans le prétoire au milieu d’une foule ameutée, quand, couronné d’épines, cloué sur un bois maudit, il expirait et descendait dans le tombeau, ne semblait-il pas que tout fût perdu? « Nous avions espéré que ce serait lui qui délivrerait Israël. » Ah ! oui, nous avions espéré !

« Pauvre intelligence humaine! Quelques jours encore et c’est lui, le même Sauveur, le rejeté des hommes, qui, sorti

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victorieux du tombeau et vivant aux siècles des siècles, fait cette sublime proclamation à son Eglise encore au berceau : « Toute puissance m’est donnée dans les cieux et sur la terre ! »

« Prenons courage, ceignons-nous de force. « Il a conduit son peuple par les abîmes comme par le désert. » (Ps. cvi, 9.) Quoi qu’il en soit, oui, quoi qu’il en soit, mon âme se repose sur Dieu ! )>

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