UN BEAU REVE
La charge devenait écrasante pour Coiilard.
« L’école de la station recommencera bientôt, écrivait-il le i3 avril 1901 L J’avais compté qu’au moins, pour cette rentrée, Mlle Kiener serait au pays1 2. A la garde de Dieu. Nous n’avons qu’une vie à donner ; au Maître d’en faire l’usage que bon lui semble. M. Bouchet doit venir pour m’aider. Mais, deux veufs — un vieux et un jeune — à la tête d’une station comme celle-ci, la plus importante du pays! Je vous ouvre mon cœur avec toute ma tristesse, je n’ai pas d’amertume, n’en supposez aucune. Je souffre de mon insuffisance et je souffre de voir l’œuvre en souffrance. »
/y avril igoi . — J’ai été malade, la fièvre m’a terriblement secoué; je suis faible, mais je me rétablis.
Quel beau rêve j’ai fait la nuit dernière ! Je me voyais mourant, une foule d’amis étaient réunis autour de moi et chuchotaient que j’allais mourir. Tout à coup, le ciel s’ouvrit et, dans un ravissement indicible, je Le vis apparaître et venir à moi. Je m’écriai avec transport : « Le voici! viens, viens, mon Roi!» — ((Je viens! oui, je viens!» Et, tendant les deux bras en haut, je fis un effort et poussai un grand cri de joie... Je me croyais porté au ciel! Et... je me réveillai. Mourrai-je ainsi? Ce serait doux.
M. Juste Bouchet, qui était àSénanga avecM. et Mme Boiteux, vint, le 24 avril, à Léalouyi, et Coiilard recommença avec lui l’école^primaire supérieure des jeunes gens, qui était aupara-