LA MORT 56 I
M. Coillard qui procura la paix au pays ; il est triste de penser que le missionnaire n’a pas récolté ce qu’il a semé.
« Katéma, autre chef représentant le roi, témoigna de la tristesse du roi et de tous.
« Étienne Sémondji parla de l’amour de M. Coillard, du devoir de suivre ses traces et d’agir selon ses exhortations.
« Le docteur de Prosch dit que nous devons remercier Dieu pour le don qu'il a fait de ce fidèle serviteur à nous, à la Mission, et aux Zambéziens.
« M. Bouchet dit comment tout est fini pour M. Coilîard ici-bas, mais pas pour toujours.
« Philippe termina par la prière.
« Entre les allocutions nous chantâmes.
« Est- ce que cette prédication muette, mais puissante, de la tombe de Coillard ne sera pas entendue ?
« Que Loatilé était triste à notre retour ! Comme tout nous semblait silencieux! »
Deux jours après, M. Adolphe Jalla écrivait encore :
« M. Goillard nous disait sa certitude des victoires du Seigneur dans ce pays, mais il était profondément triste qu’il ne lui fût pas donné de les voir.
« Ne les verra-t-il pas, quand même ? Ces obstacles qui nous font gémir, il n’en souffre plus; n’a-t-il pas eu la révélation du triomphe final ?
« Comme l’état de barbarie, dans lequel il a trouvé le pays, a passé, et cela surtout par son moyen, comme la paix et les progrès extérieurs ont remplacé le chaos d’il y a quinze ans, de même la paix intérieure, les progrès spirituels et le réveil succéderont à la torpeur actuelle. L’Esprit soufflera sur les ossements desséchés.
« Il le verra, il en jouira dans la paix du Sauveur, il en bénira le Maître qu’il a servi jusqu’au terme de sa vie.
« Lui et tous ceux qui ont semé avec larmes exulteront en voyant qu’ils n’ont pas travaillé en vain. »
A plusieurs reprises, Coillard avait exprimé l’espoir de mourir au Zambèze, en plein ministère actif et de reposer à côté de Mme Coillard.
Ces deux vœux d’apôtre et d’époux ont été exaucés.
F. COILLARD AU ZAMBÈZE
F. COILLARD
Un autre désir était fortement enraciné dans son cœur de Français et de patriote : en tête de ses dernières volontés, rédigées le 3 mars 1903, à Léalouyi, au moment de partir pour son dernier voyage au Sud de l’Afrique, il écrivait ces lignes :
« Sur le seuil de l’éternité et en la présence de mon Dieu, je lègue solennellement aux églises de la France, mon pays natal, la responsabilité de l’œuvre du Seigneur au pays des Barotsis, et je les adjure, en son saint nom, de 11e jamais y renoncer, ce qui serait méconnaître et renier la riche moisson réservée aux semailles qu’elles ont accomplies dans les souffrances et dans les larmes. »
Le Comité des Missions évangéliques, mis en présence de ce testament, a déclaré entrer pleinement dans la pensée de Coillard.
Courage donc, frères de France ; c’est honorer sa patrie et son église que de soutenir ceux qui portent l’Evangile jusqu’aux extrémités de la terre. Peut-être trouvez-vous que la tâche est lourde ? Elle est grande en effet.
Nous tous, d’autres nationalités, qui avons reçu du bien des Coillards, des Boegners, et de bien d’autres Français, nous voulons vous aider.
Après nous être consacrés nous-mêmes, ensemble consacrons nos enfants, ensemble consacrons nos biens à cette sainte cause de l’avancement du règne de Dieu dans le monde.
Ensemble enrôlons-nous dans la pacifique armée du Roi des rois.
Sous sa bannière, armés de foi et d’amour, ensemble, nous maintiendrons l’œuvre commencée, ensemble nous la développerons. Ensemble nous marcherons à de nouvelles et pacifiques conquêtes.
SEFOULA
TOMBES DE M. ET DE Mme COILLARD