Voy., ci-dessus, p
56o F. COILLARD MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE
comme le docteur approchait de ses lèvres une cuillerée d’eau : « 1 don’t want anif , » je n’en ai pas besoin , dit-il, et il se rendormit. A 9 heures, les missionnaires vinrent encore sur sa véranda, avec les garçons et les évangélistes, lui chanter un cantique sessouto : « Sur toi je me repose » ; de Prosch, qui était près de son lit, dit que, pendant tout le second verset, il regarda du côlé de la véranda, mais, aussitôt après, il se rendormit profondément.
MM. De Prosch et Adolphe Jalla devaient le veiller. A 1 1 heures et demie, M. et Mme Bouchet et M. Huguenin arrivaient.
A 2 heures du matin — le vendredi 27 mai 1904 — Coillard laissa tomber sa tête sur sa poitrine ; il respirait beaucoup plus lentement, mais beaucoup plus facilement que la veille, sans râle aucun. Tous les missionnaires, avertis de l’approche de la fin, accoururent et se groupèrent autour du lit ; dans le fond de la chambre se tenaient les deux évangélistes de Léalouyi, celui de Séfoula et Imakoumbiri, le garçon de Coillard. Dehors, sur la véranda, étaient tous les garçons et les femmes du village. « A 3 heures moins un quart, écrit M. Voila, sans soubresaut, sans etfort, nous entendions son dernier soupir. Oh ! ces moments où l’on attend encore une respiration ! Nous attendîmes près d’une minute dans le recueillement, puis de Prosch constata la mort. Après un moment passé à genoux, Adolphe Jalla mit la main sur les yeux de M. Coillard, mais ce n’était pas même nécessaire, il 11e les avait pas rouverts. »
Le soir du même jour, l’enterrement eut lieu à Séfoula.
« Ce fut sous le grand arbre, à la lueur de la lune, que nous fîmes le service funèbre, au sein d’un recueillement profond, solennel, écrit M. Adolphe Jalla 1 : « J’ai rappelé brièvement les immenses services rendus par M. Coillard à ce pays, et comment il est parti, triste de l’endurcissement du peuple, des chefs et du roi. S’ils périssent, ce ne sera pas sa faute. Cependant, l’espoir l’a soutenu à travers les difficultés et les deuils. Pour le croyant, ce qui est pénible, ce n’est pas tant de mourir que de vivre. Je terminai par un appel aux croyants et aux inconvertis.
« Sémonja, chef chrétien envoyé parle roi, dit qu’en effet ce fut
. Loatilé, 3o mai 1904, impr. dans/. M. E., 1904, 2e sem., p. i32etsuiv.