BOISDON S’AGITE ET DIEU LE MÈNE
Revenons à Jean Boïsdon, que nous avons laissé se morfondant de peur près de la clôture de l'évêché.
Cinq minutes ne s'étaient point écoulées depuis que l’hôtelier avait vu Bienville s’approcher de la maison du lieutenant d’Orsy, puis y pénétrer après Harthing et Dent-de- Loup, qu’un nouveau bruit de pas vint désagréablement résonner à son oreille. Ceux qu’il entendait cette fois étant plus sonores et moins réguliers, il en conclut que plusieurs personnes devaient s’avancer de son côté; raisonnement qui se confirma quand il entendit des sons de voix entrecoupés et confus.
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— L'Anglais et le sauvage auront une fière chance s’ils s’en retournent les mains nettes, pensa-t-il. Eh ! maïs, mon Dieu ! s’ils allaient être poursuivis et qu’on vînt à me découvrir ici ! Ah ! par saint Jean, mon patron, je me suis mis en de beaux draps ! Je donnerais bien— il mit la main dans la poche de son haut-dechausses et tâta l’or que venait de lui donner Harthing — je donnerais bien. lune des pièces contenues dans cette bourse, pour être à cette heure couché auprès de Javotte. Car, bien qu’elle soit jalouse, partant revêche, ma pauvre femme, et qu’elle semble se complaire à faire de notre lit le théâtre de nos querelles domestiques, j'aimerais mieux, en ce moment, la paillasse commune que cette terre humide, sans compter... Mais bon Dieu!
qu'est-ce là ?
Une clarté subite venait d’illuminer la nuit; Boïisdon sentit le sol trembler sous son corps, tandis qu’un jet de terre et de sable le couvrait des pieds à la tête, et que plusieurs fortes détonations ébranlaient le tympan de ses oreilles.
C'était le feu de l’artillerie anglaise qui, au même instant, forçait Harthing à précipiter