‹ François de Bienville [microforme]Chapitre 33 sur 51 · CURE FRANÇOIS DE BIENVILLE · texte numérisé non relu

CURE FRANÇOIS DE BIENVILLE

— Oh! satané gredin! s’écrie Bras-de-Fer, en renversant son ennemi sous lui; puis il le saisit d’une main par la nuque du cou, tandis que de l’autre il retient le bras droit de son ennemi, qui ne peut alors se servir de son arme. Et le Canadien se relève en tenant toujours Harthing au bout de ses bras puissants.

Celui-ci tente un dernier effort ; il s’accroche les pieds à un tronc d’arbre et imprime une si violente secousse à son corps que le Canadien se sent glisser avec lui sur la pente rapide du cap.

Mais dans sa chute, Pierre rencontre le tronc d'arbre qui vient de servir à l'Anglais et s’y retient d’une main; ce qui le contraint pourtant de lâcher le bras armé du lieutenant, qui se tord à cent pieds au-dessus de l’abîme, écume et blasphème comme un démon.

Le feu d’un obus qui éclate au proche fait luire le poignard qui menace encore la poitrine de Bras-de-Fer, lorsque le géant, qui retient toujours Harthing par le cou, soulève son ennemi au-dessus de sa tête et le rejette en avant dans le gouffre béant à ses pieds.

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VILLE 291 re À le-Fer, L’Anglais tombe, rebondit et roule sur le |4 is il le flanc esCarpé du roc ji tandis Cette lutte avait été Pourtant si Courte, que | de son | 8 COMmpagnons de Pierre qui franchirent les | 1 de son | Premiers Je Témpart de Palissades, D'arri- |A} nt tou- vèrent sur les lieux qu'au Moment où Hur. | puis- thing tomba, f { Un cri déchirant q ‘angoisse Monta du fond

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que le 1 Chute d’un Corps lourd sur des branches

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ent-de-Loup, plus Prudent que Harthing,

ntre le . S’était tenu Coi tout d’abord en sa cachette ;

\inglais Mais quand i] eut vu les soldats disparaître

ntraint à la Poursuite de son COMpagnon, il se glissa

lieute- Oucement le long de la Clôture en descen-

ssus de dant vers la basse Ville, Arrivé près de la

un dé:- Porte cochère du palais de l’évêque, il esca-

| lada la Palissade, et, Voyant que tous les Ca.

he fait hadiens avaient Sauté dans Je jardin du $é.

la poi- | Minaire, il se Coula sans être aperçu vers

nt, qui | l'endroit du cap qui lui était familier, I] se

joulève ! Sa glisser sur le flane du TOC et prit

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trente hommes chargés de défendre la barricade ayant été réveillés par le tintamarre des canons anglais et par les rumeurs et les détonations d'armes à feu qui leur venaient des remparts, au-dessus de leur tête, étaient sortis en toute hâte de leur corps de garde improvisé.

Ils viennent d'allumer des torches et examinent avec attention les bords escarpés du cap, éclairé sur ve seul point par la lumière rougeûtre des flambeaux.

Dent-de-Loup n’a qu’un seul parti à prendre, celui de sauter par-dessus la barricade, haute de six pieds, etde passer par surprise au beau milieu de ses ennemis. Il n'hésite pas, et prenant sa course, il arrive auprès du retranchement sans être entendu, grâce aux mocassins qui étouffent le bruit de ses pas. Lancé fortement par ses jarrets nerveux, il franchit l’obstacle, passe comme un éclair devant les yeux des soldats ébahis, et retombe sain et sauf de l’autre côté, en continuant de dévorer l’espace qui le sépare encore de son canot.

Celui-ci n’est plus à sa place.

Un cri rauque s'échappe du gosier de l’Iroquois, qui se jette alors tête baissée dans la rivière.

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À peine a-t-il nagé quelques brases, qu’il voit à dix pieds devant lui, une pirogue balancée Par le flot dans l'ombre, tandis que la silhouet qui la monte se desl urface de l’eau.

arthing est ] du canot. Protégé Par je ne sa

sance occulte, l’Anglais av puis rencontré un petit arbre qui, tout en cas-

Sant sous le poids de son COrpS, avait amorti la violence de sa chute,

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retenu à des racines qu’il

ain désespérée.

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a rue, il anot de Dent-den dehors de la bar- Le bruit de sa chute avait Cependant attiré gardes du retranchement de la

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rue Sault-au-Matelot; ce fut alors qu’ils allumèrent des torches pour examiner les abords du cap.

Craignant d’être découvert, Harthing avait traîné jusqu’à l’eau la pirogue, et donnant quelques coups d’aviron, il s'était arrêté à vingt pieds du rivage afin d’attendre Dentde-Loup. |

Lorsque ce dernier eut pris position dans | son canot, il était temps de songer à la fuite; ll car les soldats du guet, bientôt revenus de | l’étonnement où le brusque passage du Chat- Rusé les avait d’abord jetés, s'étaient lancés à sa poursuite.

dl — Vite ! au large ! dit Harthing à son com- | pagnon, en les entendant accourir vers la grève.

Les deux avirons plongent dans la rivière et lancent en avant la légère pirogue.

Plusieurs coups de feu partent du rivage à leur adresse, et quelques balles passent non loin des deux fugitifs; ceux-ci répondent à cette décharge par un cri de défi qui roule sinistre sur les eaux noires, et ils disparaissent aux yeux des Canadiens dans l’épaisse nuit.

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Mais il n’ont pas encore atteint le milieu de la rivière que Harthing sent ses pieds tremper dans l’eau.

— Que diable est ceci? dit-il à Dent-de- Loup.

— Oah ! fit le sauvage en éprouvant la même sensation d'humidité.

L'eau envahit l’embarcation et les deux hommes en ont bientôt par-dessus la cheville du pied.

— Ces chiens de faces pâles auront envoyé quelque balle dans l'écorce de la pirogue et sous l’eau, dit l’Iroquois en se baïissant pour trouver la fissure.

Mais il y a déjà trop d’eau dans le canot pour qu’il soit facile, à tâtons, de découvrir l’avarie. Aussi Dent-de-Loup se relève en disant :

— Pagayons vers la gauche, là où mon frère peut voir un îlot à cent pieds de nous. Si nous pouvons l’atteindre avant que la pirogue s'enfonce, nous réparerons peut-être le dommage causé par les visages pâles.

Mais, par suite des efforts qu’ils font pour ramer avec plus d'énergie, le canot, enfoncé déjà jusqu’au bordage, vacille fortement,

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Aussi dans une de ces oscillations, le flot y entre-t-il tout d’un coup par-dessus le bord, et la pirogue de disparaître en s’enfonçant sous la vague.

Harthing et Dent-de-Loup se mettent à nager aussitôt et gagnent cette petite île de sable et de vase que le reflux laissait à découvert près de l'embouchure de la rivière Saint-Charles, avant la construction du bassin de radoub.

Une fois là, pourtant, leur position n’est guère plus enviable, car la marée qui monte va bientôt recouvrir l’îlot sur lequel ils ont pris pied ; sans compter qu’il leur reste encore plusieurs arpents à franchir à la nage, avant d'atteindre la rive nord.

À peine se sont-ils reposés quelques minutes que le flux envahisseur vient les forcer de quitter leur lieu de refuge momentané.

Alors ils entrent de nouveau dans la rivière et se dirigent en nageant vers la rive opposée à celle de la ville.

Harthing n’est cependant pas aussi bon nageur que Dent-de-Loup; et, brisé déjà par la chute extraordinaire qu’il a faite du haut en bas du cap, il sent bientôt venir la fatigue. Mais il n’en dit rien et continue d’avancer.

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