CHAPITRE XIV LE COMBAT
La place d'armes présentait le lendemain matin un bien beau spectacle. Il y avait là, assemblés devant le château, plus de trois mille hommes, tant de troupes régulières que de milices.
Les rayons du soleil levant se jouaient sur les armures, * les mousquets, les baïonnettes et les épées nues, et jetaient par toute la place mille scintillations rayonnant en ger-
* On en portait quelquefois encore à cette époque, moins pour se garantir des balles qui les perçaient bel et bien, que pour résister aux coups d’armes blanches.
DS ne 5 RP ee om om arr
EE
> rm
ner
ee ce =
bes lumineuses, qui tranchaïent vivement sur les riches costumes aux couleurs variées des officiers, et sur les belles plumes blanches qui ombrageaient quelques chapeaux fièrement galonnés d’or. On aurait dit de grosses gouttes de rosée dormant sur de grandes fleurs tropicales balancées par la brise et reflétant, avant de remonter absorbées dans l’air, les premiers feu du matin. Or pour quelques-uns qui portaient ces armes dans l'attente du combat, n’était-ce pas leur dernière rosée de vie qu’éclairait alors ce beau soleil ?
L’habillement des miliciens paraissait terne à côté du costume des troupes de ligne. A cette époque, au Canada eomme en France, les milices n'avaient point d’uniforme. Loin
de faire tache cependant, leurs habits d’étoffe la grise ne servaient que de repoussoir ou de la ] contraste au brillant fond de ce tableau vi- F vant. ver:
Que de nobles cœurs battaient sous les son riches justaucorps de tant de braves officiers airs qui parcouraient tous les rangs des soldats ra, ] alignés, ici recevant des ordres et les trans- de 1 mettant plus loin! Et les grands noms qu'ils Le
portaient, ces galants hommes !
rm, pese "À
FRANÇOIS DE BIENVIILE 337 an ue NUE | ent sur Oh! la belle vision qui Passe devant mes | es des JEUX ravis par la Splendeur de ces Souvenirs | inches | du passé! Dites-moi, ne la VOYez-vous pas | fière- | Comme moi ? | TOSSES | N'est-ce pas lui que j’aperçois là-bas, aurandes | dessus de tous, le noble vieillard ? Oui, c’est et re- le comte de Frontenac. I] M'apparaît près du ;s dans château dictant ses ordres au baron LeMoyne pour de Longueuil, surnommé le Machabée de s dans | Montréal, et à MM. LeMoyne de Sainteir der- Hélène et de Bienville. Ces trois frères vont » beau Commander un détachement de deux cents Canadiens chargés d’aller, Sur-le-champ, tenir t terne | en échec les deux mille Anglais COmmandés ne. À | par Whalley.
rance, ; Salut à toi! illustre &0uUverneur qui réussis . Loin À faire rejaillir sur notre pays un rayon de ’étoffe
la gloire dont ton maître, Louis
XIV, inonda ou de la France du grand siècle.
au vi- Prè
s de lui se tient M. de Calliè
res, le gouverneur de Montréal. Fiè
rement appuyé sur us les | son épée, on dirait qu’il veut déjà Prendre les ficiers airs magnifiques du Comte, auquel i] Succédeoldats ra, huit ans Plus tard, dans le 80uvernement trans- de la N ouvelle-France.
qu'ils Le chevalier et colonel de Vaudreuil se
€; D eee Dr P > Sd PR mme Ld per tn 7 ne TT
rpg en