‹ François de Chastillon, comte de ColignyChapitre 21 sur 141 · Voir à VAppendice, n · texte numérisé non relu

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3. Tagsazung der mit Frankreirh verbundeten IX Orie, Sololhurn, 2 october 1572. {Amtliche Sammlung dei^ altern Eidgenossischen abschiede^ Band 4, abtheilung 2, p. 502, no 403.)

FRANÇOIS DE CHASTILLON. bO

ger efficacement les infortunés qui, chassés de leur patrie, chercheraient sur le territoire suisse un asile.

Ceci posé, voyons quel fut celui que trouvèrent à Genève, à Bâle et à Berne les enfants de Goligny et d'autres membres de sa famille.

Entrés en Suisse dans le courant du mois de septembre 1572, Ghastillon, d'Andelot et Guy de Laval séjournaient, au début d'octobre, à Genève, où le meilleur accueil leur était fait. Un grave incident mit obstacle à la prolongation de leur résidence dans cette cité hospitalière. En effet, peu de jours après leur arrivée, le conseil, alors que commençait à courir le bruit que Gharles IX et sa mère cherchaient à faire appréhender les trois jeunes fugitifs, décida, non sans regret assurément, « de pourchasser qu'ils partissent au plus » tost qu'il serait possible, afin qu'on n'en fût en peine*. » Legresle considéra cette décision du conseil comme une mesure de prudence prise tant dans l'intérêt de ses disciples, que dans celui de la ville de Genève, qui voulait éviter d'attirer sur elle l'inimitié de la cour de France; aussi, le 9 octobre, se présenta-t-il à l'un des syndics pour prendre congé, « au nom d'iceux (fils et neveu de l'amiral) qui pré- » tendoient aller en Allemagne, protestant qu'ils auroient » toujours souvenance du bien qu'ils avoient receu de la » seigneurie *. »

Rien n'indique quelle était la partie de l'Allemagne dans laquelle, en ce moment, ils avaient, d'accord avec Legresle, l'intention de se rendre. Peut-être se proposaient-ils de demander asile à l'électeur palatin, Frédéric 111, qui avait soutenu avec leur père et oncle d'étroites relations, basées

1. Archives de Genève, Registres des délil)érations du conseil. Séance du 9 oc tobre 1572, fo 163.

3. Archives de Genève, Registres des délibérations do conseil. Séance du 10 oc^ tobre 1572, fo i63.

sur une estime et une affection réciproques. Ce prince, toujours sympathique aux protestants français, dont il avait chaleureusement embrassé la cause, abritait, depuis quelque temps, sous sa protection, à Heidelberg, Texistence d'une jeune et pieuse princesse française*, coreligionnaire de l'amiral, dont, ainsi que l'électeur*, elle déplorait la mort. Le touchant langage que Charlotte de Bourbon ne tarda pas à tenir, dans une lettre adressée à Chastillon et à son frère *, laisse clairement pressentir la nature de l'accueil qu'eux et leur cousin eussent reçu de la noble protégée de Frédéric III, s'ils fussent venus à Heidelberg.

Quoi qu'il en soit des motifs qui détournèrent Legresle et ses disciples du projet de se rendre en Allemagne, à leur sortie de Genève, un fait demeure certain : c'est qu'ils prirent le chemin de Berne, et que, dans cette ville comme

1. Charlotte de Bourbon, lille du duc de Montpensier. « Ce duc lors emplissoit » la cour de plaintes pour sa fille, Tabbesse de Jouarre, qui ayant longtemps ean seigné ses religieuses en la religion (réformée) aprise de sa mère, et se voyant » menacée, s'enfuit à Heidelberg. Il y eut force dépesches vers le comte palatin » pour la r'avoir; mais luy ne voulant la renvoyer qu'avec bonnes cautions pour » la liberté de la dame en sa vie et en sa religion, le père aima mieux ne ravoir » jamais. C'est elle qui épousa, quelque temps après, le prince d'Orange. » (D'Anbigné, Hist. unio., t. H, liv. I, cliap. ii.)

2. Henri, duc d'Anjou, en allant prendre possession du trône de Pologne, n'avait pu se dispenser de passer par Heidelberg et d'y visiter l'électeur palatin, Frédéric m. Ce prince, parcourant avec lui une galerie de son château ornée de divers portraits, s'arrêta devant celui de Coligny, et le montrant à Henri, lui dit : « De » tous les seigneurs français que j'ai connus, voici celui que j'ai trouvé le plus » homme de bien, le plus zélé pour la gloire du nom françois ; et je ne crains » point d'assurer que le roi et toute la France ont fait en lui une perte qu*on ne » saura jamais réparer. » (De Thou, Hist. univ.f t. V, p. 22. — Journal de P. de VEstoile, ann. 1572.) — La Huguerye {Mém,, t. I, p. 496), qui était à Heidelberg lorsque Frédéric III y reçut la visite du roi de Pologne, dit : « Une chose me feist » esmerveiller, à Heidelberg, que le roy ayant veu et salué M"« de Bour- » bon, depuis princesse d'Orange, comme les autres, quand ce fut au partir, » il ne luy feist jamais auciin présent, comme il feist à toutes les aultres, bien qu'il « veist l'affeclion dudit sieur électeur envers elle, dont il luy recommanda les » affaires : et s'il se contraignit en aultre chose, il se pouvoit bien accommoder à » la gratiUer de quelque peu, pour le respect dudit sieur électeur, qui en fut fort « marry, et dist dcpuys que, s'il eust creu cela, il se feust éloigné de Heidelberg » À son passage. »

3. Cette lettre, en date du 12 mars io7d, sera reproduite ci-après.

FRANÇOIS DE GHASTILLON. ^ 61

dans celle qu'ils venaient de quitter, ils Turent très bienveillamment accueillis'.

Ils restaient encore sans nouvelles précises de madame l'amirale et de M°" de Téligny, Ce qu'ils savaient seulement, c'était que M'° d'Andelot venait, avec ses enfants, de trouver un refuge à Bâle '. Ils avaient à cœur de la revoir. Le? sachant à Berne, M"' d'Andelot, qui n'était pas moins avide qu'eux des intimes joies d'une prompte réunion, les appela à Bàle où, disait-elle, de pressants intérêts de famille exigeaient d'ailleurs qu'ils se tinssent auprès d'elle.

Ils répondirent aussitôt à son appel, en s'acheminant avec Legresle, de Berne vers Bàle, sous la protection de MM. de Bonstetten et d'Erlach*.

Au terme de leur voyage, ils s'empressèrent d'adresser à l'avoyer et au conseil de Berne, le 31 octobre, les lignes suivantes ' ;

« Messieurs, le premier et principal devoir bien nay nous

1. Dès qu'ils arrivèrent â Berne, ' l'avoyer et le conseil de cette ville prirent, à litre provisoire, le ii octobre 157S, l'arrêta suivant : • Le conseil décide que les ' fils de l'amiral et de U. d'Andelot, avec leur précepteur et lenrs domestiques,

■ seront logés gratuUement à rbOtetlerle, et que )e trésorier du conseil paiera » pour eux. >■ (Archives de Berne, Hatha manual Uer Stadl fl-rn,, n* 383, 1° !9Î.)

1. Arrivée à Bâle dans les premiers jours d'octobre 1871, M°"> d'Andelot y lut accneillie avec de grands égards. Le bourgmestre et le conseil se conlormèrent, vis-à-vis d'elle, à un usage adopté H l'égard des personnes de distinction qui se proposaient de résider dans celte ville : on leur oirrait. à litre de bienvenue, du vin ou du poisson. Or les comptes de la ville de Bàle du Iraisiéme trimestre de l'année 1571, déposés aux archives municipales portent, à la date du 11 octobre 1371, la mention suivante : » ! livres 18 sols à M. Lniie Gebhart, pour quatre mesures • de vin de Malvoisie offertes à la comtesse de Salin. » (Anne de Salm, veuve de d'Andelot.)

3. L'amiral de Collgny avait paternellement accneilli et longtemps maintenu sous son toit un membre de l'une des premières lamilles de la Suisse, le jeune d'Erlacli, au sujet duquel il écrivait " aux magniliques seigneurs les syndics et advoyer de Berne h, le 15 avril 1563 ; « Je l'ay nourry longtemps, et il donne espé- ■• rance de faire, quelque jour, quelque bon Irait, à vosire contentement et de ceux

■ à qui il appartient. ■> (Archives de Berne, Franhtich, ^ un d'Ëriach entourer de ses soins, en 1579, les Qls de bienveillant patronage que celui-ci avait étendu jusqu'en dont il s'agit.

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