FRANÇOIS DE CHAST4LL0N
» quelle je prie Nostre-Seigneur vouloir empescher, et vous » tenir, après vous avoir présenté mes biens affectionnées » recommandations et de bien bon cœur à vos bonnes )) grâces, magnifiques seigneurs, soubz sa saincte et digne » garde, en heureuse prospérité et accroissement de vostre » Estât. »
Condé se rendit alors auprès de l'électeur palatin, afin de réclamer son appui, et il écrivit d'Heidelberg, le 1" juillet, aux confédérés du Languedoc de lui envoyer les sommes promises, pour qu'il eff'ectuât des levées de troupes '.
Le 12 du même mois, il rédigea, à Happenheim, un manifeste ' dans lequel il s'élevait contre les massacres commis en France, contre la séquestration du roi de Navarre et du duc d'Alencon, contre Tincarcération de notables personnages, et réclamait, avec une protection égale pour tous les cultes, diverses réformes administratives.
Le 22 juillet, il écrivit à Henri III' : « Sire, encore que » les apprests qui se font dedans et dehors le royaume, et » les effets qui depuis quelque temps s'en sont ensuivis » puissent donner occasion tant à moy qu'à tous ceux, » lesquels, sans juste cause. Dieu merci, comme le temps » vous fera paroistre, on appelle séditieux et rebelles, de » préparer ce qui est requis à leur juste et nécessaire défense, » ce néantmoins, m'arrestant plustost à ce qu'il a pieu à » Vostre Majesté me mander par le seigneur de Neuf^vy, » du désir qu'elle a de pacifier tous ces troubles par une » bonne, équitable et asseurée paix, outre ce que Vostre » Majesté aura pu apprendre, tant par la réponse que je » luy en ay faite, que par mes déportemens, témoignant » assez combien vostre commandement et l'amour que je
i. La Popelinière, Hùt, t. II, liv. XXXVIII, f» 230.