La Popelinière, Hisl., t. II, liv. XXX Vm, fo
» porte à la patrie a plus de pouvoir sur moy que tout ce » qui me sçauroit esmouvoir à prendre autre chemin, j'ay, » tost après ma réponse, expédié un gentilhomme exprès » vers Vostre Majesté, avec un brief escrit contenant véri- » table et ample déclaration de toutes les doléances des- » quelles ont procédé et découlent encore ces tempestes; » espérant que par là, plustost que par les sinistres rap- ' » ports d'ailleurs, Vostre Majesté se représentera ce qui » est déduit, et considérera la puissance que ce grand » Dieu luy a donnée d'y remédier comme en un instant, » en fermant le chemin à la voie des armes et faisant » ouverture à justice et équité, etc., etc. »
Gondé fut encouragé dans ses généreux efforts par une assemblée générale des églises réformées de France, tenue à Milhau, en juillet 1574*, laquelle, sur le vu de son manifeste, le nomma gouverneur général et protecteur desdites églises, sous certaines conditions qui lui furent communiquées à Strasbourg', et qu'il accepta.
Une nouvelle assemblée tenue à Milhau, en août, affermit la situation du prince, en même temps que celle des églises, ménagea les voies d'une alliance avec Damville et les catholiques paisibles, et prouva que les réformés étaient décidés à ne mettre bas les armes qu'après qu'il aurait été fait droit à leurs justes réclamations '.
Intimidée par leur attitude résolue, la royauté parut se prêter à l'ouverture de négociations qui amenassent la paix.
Ce fut alors que Condé écrivit, de Strasbourg, au conseil de Genève, dans les premiers jours d'août*: « Magnifiques » seigneurs, ayant reçu advertissement de plusieurs en-