‹ François de Chastillon, comte de ColignyChapitre 53 sur 141 · Archives de Genève, portef. histor., n · texte numérisé non relu

Archives de Genève, portef. histor., n

142 FRANÇOIS DE GHASTILLON.

» VOUS prier bien affectueusement luy vouloir permettre qu'il )) me vienne trouver à Lauzanne où j'espère arriver sabznedi » au soir, moyennant la grâce de Dieu, m'asseurant doncq » que vous ne m'en refuserés, attendu le besoin que j^en ai » et l'utilité qu'apportera ce petit voïage. »

Le 6 octobre 1574, Gondé était à Berne où il recevait un excellent accueil*.

Tandis que le prince, durant son séjour, soit en Alsace, soit en Suisse, attachait ainsi un prix réel à la présence de Bèze et à ses conseils sur la marche à suivre, dans l'intérêt des églises réformées, en vue des négociations que la cour de France annonçait vouloir entamer, Henri III, depuis son retour de Pologne, s'adressait de nouveau à Télecteur palatin, moins pour lui demander encore avis, que pour tenter de faire prévaloir, à ses yeux, le parti pris de refuser aux réformés, dans les négociations qui s'ouvriraient avec eux, l'exercice de leur culte, et de les réduire à l'octroi dérisoire d'une simple liberté de conscience. « Je persévère, éori- » vait-il à Frédéric III, le 26 octobre*, dans le désir d'ap- » paiser les troubles de mon royaume, si mes sujets qui, » dedans et hors iceluy, me font la guerre veulent se reoo- » gnoistre et me rendre l'obéissance que doibvent bons et » loyaux subjects à leur roy naturel et légitime sire, ayant »> offert tout ce que je puis pour la conservation et seureté » de leurs vies, honneurs et biens. Quant au fait de la reli- » gion, ils ne seront recerchez ni contraints en leurs con- » sciences. Parla, mon cousin, vous pouvez cognoistre que, » si mesdicts subjects ne sont meus à ce qu'ils font que » du dangier, comme ils disent, de leurs vies et biens, et

i Cronik von Haller und Musselin^ iii-fo, p. 132. Berne. — A propos de raccneil fait par les Bernois à Gondé et aux enfants de l'amiral, de Lanoue, tant en son nom qu'en celui des églises réformées de l'ouest de la France, écrivit une lettre qui mérite d'être reproduite. (Voir à V Appendice^ n® 23.)

2, KlUCkhohn, BHefe Friedrich des Frommen, t. Il, p. 727.

M pour n'estre forcez en leurs consciences, ils n'auront plus » d'occasion d'avoir crainte de l'ung ny de l'autre. »

Telle n'était pas l'opinion de l'électeur palatin : il voulait, à juste titre, pour les réformés français, l'établissement d'un régime qui assurât à leurs personnes et à leurs biens une loyale protection, et à l'exercice public de leur culte une véritable liberté. Aussi, se prononça-t-il avec fermeté sur ce point capital, dans sa réponse au roi de France.

» Je vous dirai rondement, lui écrivit-il, le 27 novembre ', » qu'il vous peult souvenir de ce que nous avons traicté " par ensemble, quand il vous pleust me faire l'honneur de » me visiter, assavoir que non-seulement, sur mes cordiales '> remontrances, mais aussy esmeu par l'exemple que vous » vistes icy en Alemaigne, en ce que, nonobstant la diver- » site de l'exercice de la religion, la paix publique et muu tuelle bénévolence néanlmoins sont guardées, voire que » la permission asseurée de ladite diversité est le lien de » ladicte paix, ainsi que vous aviez aussy accordé et promis » de faire en Poloigne; vous, sur tout cecy, me promettiez » de vous employer et intercéder envers le feu roi, mon très- » honoré cousin, pour avancer aussi une bonne paix en » France. En après, il vous a pieu in'escrire, de Gracovie, ') le 15 de juing, devant.vostre retraicte de Poloigne, et me » prier de voloir rechercher les moïens d'appaiser les » troubles de vostre roïaulme de France.

n Lesquels et semblables vos propos et lettres tenuz et » escrites à moy et aultres m'ont induitz et asseurez à croire 1) fermement que vous, venant à la couronne de France, » aiani la puissance en main d'establir une paix asseurée, M vouldriez donner àvos subjeetz le bénéfice i^" ''exercice de » la religion, comme

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