‹ François de Chastillon, comte de ColignyChapitre 52 sur 141 · Archives de Genève, portef. histor., n» i · texte numérisé non relu

Archives de Genève, portef. histor., n» i

» droits comme il a pieu à Dieu toucher le cœur du roy » mon seigneur, pour Tinduire à paciQer les troubles qui n sont en son royaume, et donner repos aux églises réfor- » mées qui, comme vous sçavez, ont souffert si longues » et dures afflictions, mesme ayant Sa Majesté escrit, pour » cest effet à monsieur le comte palatin * , électeur de l'empire, » et autres princes de la Germanie, j'ai bien voulu vous faire » part d'une si bonne et joyeuse nouvelle, comme à ceux » que je sçay estre singulièrement afTectionnez au bien de » nostre France, et particulièrement au repos et tranquillité » de nos pauvres églises; et d'autant que, pour la négo- » ciation d'une affaire de cette importance et qui touche » l'assurance et stabilité de vostre Estât, j'ai besoing de » conseil, j'ai bien voulu vous prier, magnifiques sei- » gneurs, me prester pour peu de jours, M. de Besze, » pasteur et ministre de vostre église, à ce que, par son » bon advis et prudent conseil, joint avec celui des autres » ministres qui se trouveront par deçà, et autres dignes » personnages que j'ay mandés exprès pour l'accompagner, » je puisse traiter d'une si saincte et louable entreprise* »

A peu près au même moment, Bellièvre, revenu de Pologne en France avec Henri lil, et réapparaissant en Suisse, requérait des cantons catholiques la convocation de leurs délégués pour une conférence ; se présentait, le 20 août, à ceux-ci, réunis à Lucerne, sans son frère Haute fort, que ses occupations, disait-il, ne laissaient pas libre d'assister à leur assemblée ; leur communiquait une lettre que son souverain avait adressée, de Mantoue, à leurs commettants, et

1. On lit dans une lettre de Henri III à l'électeur palatin, datée de Cracovie. 15 jnin 1574 : » Je me veulx bien promettre que, en attendant mon retour en mon » royaume de France, vous serez content, pour Tamour de moy, de rechercher les » moyens de pacifler les troubles que la malice des hommes y a voulu susciter. » comme je vous en prie de bon cœur, avec asseurance de recognoistre le plaisir » que, en cela, vous m'aurez fait bien à propos. » (Kluckhohn, Briefe Friedrich des Frommen, Kurfûrster von der Pfalz, 1868, in-S», t. Il, p. 727.)

assurait les cantons catholiques des dispositions amicales de Henri III à leur égard, ainsi que de la satisfaction qu'il eût éprouvée à les visiter, si les troubles du Dauphiné n'eussent mis obstacle à son entrée en Suisse *.

Cette démarche officielle de Bellièvre, par la partialité qu'elle affichait pour les cantons catholiques, ne pouvait qu'indisposer les cantons protestants, les réfugiés français et la généralité des églises réformées. Elle constituait, en effet, un prélude de fâcheux augure quant aux négociations annoncées, dans lesquelles s'agiteraient nécessairement, en fait d'exercice des deux cultes alors en présence, les grandes questions de liberté, d'égalité, et de protection communes.

De Bèze vint trouver Condé à Strasbourg', se rendit avec lui à Baie, et retourna à Genève, porteur d'une lettre dans laquelle, le 11 septembre, le prince exprimait au conseil de cette ville ' sa gratitude envers lui et envers de Bèze, dont « la présence et la peine prise par deçà avaient beaucoup » servi. » Une autre lettre du prince, adressée, le 22 septembre, au même conseil, portait* : « Messieurs, puisqu'il » vous a desjà plu me faire ceste faveur que de m'aider du » conseil de M. de Besze pour le bien et service des églises » de Dieu, et ne doubtant point que vous ne soies bien )) contens de me le prester encore pour quelques jours, je » vous en ay bien voulu faire la requeste et par la présente

1. Conferenz der V Kaiholische Orte, Lucern, 20 august 4574. (Amtliche Sammlung der altern Eidgenossischen Abscheide, Band 4, abtheillUl(? 2, n» 446, p. 548.) — Henri III avait également écrit de Mantoue, anx autorités bàloises en particulier, le 3 août 1574, une lettre qu'il avait chargé Bellièvre de leur remettre. (Archives de Bâie, L. 117, n*» 66.) Par une dépêche expédiée de Soleure le 23 août 1574, Bellièvre s'excusa de ne pouvoir se rendre auprès de ces mêmes autorités, et se borna à leur envoyer la lettre du roi. (Archives de Bâle, L. 117, n» 67.)

2. Lettre de Condé au conseil de Genève du 28 août 1574. (Archives de Genève* portef. histor., n*» 1,952.)

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