La Popelinière, Uist., t. U, liv. XXXIX, P
» monseigneur le prince ou de mondit seigneur le mares- » chai ce qui s'en suit, etc., etc. »
Des délégués allaient partir pour communiquer à Gondé les décisions de l'assemblée de Nîmes, et conférer avec lui sur l'emploi de moyens propres à amener la pacification des troubles auxquels la France était en proie ; ils devaient entrer en Suisse par Genève et s'y arrêter pour saluer le conseil de cette ville et s'entretenir avec lui : Ghastillon le sut. Portant haut le sentiment de la reconnaissance, il avait, depuis son arrivée en Languedoc, parlé, maintes fois, à Damville, de la généreuse sympathie des Genevois pour les réfugiés français, et particulièrement pour lui, pour son frère et sa sœur, ainsi que pour de Laval ; aussi, est-on fondé à considérer comme écrite sous l'inspiration des sentiments dont était animé le jeune cousin du maréchal la lettre suivante, que ce dernier adressa, de Montpellier, le 13 février 1575, au conseil de Genève * :
« Messieurs, l'assemblée générale des églises réformées » de France, catholiques unis, et moi, envoyons nos deppu- » tés, présens porteurs, suyvant la volonté du roy et passe- » ports par Sa Majesté octroyés, pour entendre de monsei- » gneur le prince de Gondé les moyens de parvenir à une » bonne et seuro paciffication des troubles de ce pauvre et ') désolé royaulme ; et, parcequ'avez tousjours monstre par » effect l'affection qu'avés au bien et soulagement de tous » vos frères en religion, ayant usé non-seulement envers » eux, mais à l'endroict de tous ceux qui se sont trouvez » affligez et exilez, de toute consolation, retraicte et ayde, » j'ay bien voulu faire la présente pour vous tesmoigner de » la charge que j'ay donnée auxdits depputés de vous veoir
1. Archives de Genève, porte!, liistor., n® 1,955. — Damville avait a*3ressé, le li février, à l'avoyer et au conseil de Berne, une lettre insérée ici, à V Appendice, n» 24.
» de ma part et vous offrir, en mon nom, comme je fais par » la présente, tout service, tant en vostre général que par- » ticulier, vous asseurant que m'y trouvères tousjours dis- » posé, ainsi que les effects vous feront cognoistre, le temps » m'en produisant l'occasion; estant de mon debvoir de » recognoistre les faveurs que vous avés desparties aux » miens; et pour la fin, je vous supliray, en tout ce que » pourrés servir pour l'advancement d'un si sainct œuvre » que celui que vont négotier lesdicts depputés, vous y em- » ploier avec telle affection que avcs tousjours monstre » avoir au bien général de la France, etc., etc. Vostre plus » affectionné et parfait amy, à vous faire service, de Mont-
» MORENCY. »
Comptant sur l'appui qui lui prêteraient les décisions de l'assemblée de Nîmes, dont il attendait les délégués, Condé continua, avant qu'ils arrivassent, à s'entourer des conseils de Bèze * et de Beutrich ' ; et, en chef prudent, il conféra à divers personnages investis de sa confiance les pleins pouvoirs nécessaires pour opérer des levées de troupes *.
Dès que les délégués attendus furent arrivés à Baie, s'ouvrirent entre eux et Condé des conférences *, à la suite desquelles ce prince les chargea , le 22 mars, de se rendre auprès du roi, pour lui présenter une requèto tendant à la consécration de la liberté religieuse dans la plénitude de son exercice, à colle de l'égalité civile ot politique des réformés et des catholiques, et à l'admission de divers autres
i. Lettres de Condé, du Î7 dérenibre i.%74, a de Bèze et au conseil de Genève (Archives de Genève, portef. histor., n«» 1,930, 1,952»; des 28 février, 6 mars, 30 mai, 22 juin 1575. [lùid., n« 1,952.)
2. Lettres de Beutricli au comte Jean de Nassau, des 19 décembre 1574 et 2i janvier 1575. (Groen van Prinslerer, Corrcsp, de la maison (COran<je-\(issau^ 1« série, t. V, p. 107 et 120.)