‹ François de Chastillon, comte de ColignyChapitre 66 sur 141 · Blbl. nat., mss. !. Or., vol. 3,247, f · texte numérisé non relu

Blbl. nat., mss. !. Or., vol. 3,247, f

Le 11 du même mois, Catherine manda, de Port-Sainte- Marie, à Damville * : « Mon cousin, je m'estois resjouie » d'avoir entendu par le sieur de ... et ma cousine, vostre » femme, que le sieur de Chastillon se feust retiré de Tentre- » prise de Beaucaire; mais, à ce que mondit fils le roy de » Navarre m'a mandé de Nérac, où il s'en alla avant-hier » pour deux ou trois jours, le sieur Dandelot, frère dudit » sieur de Chastillon, s'est mis dans le chasteau dudit Beau- »> Caire, qui ne peut estre qu'à très-mauvaise intention. Tou- » tefois mon fils le roy de Navarre m'en ayant advertie par » le sieur vicomte de Turenne, m'assure aussy que celuy » qu'il a encore pardelà, comme je vous ay cy-dessus escript » pour le faîct dudict Beaucaire, en fera sortir ledit sieur » Dandelot et remettra ledict chasteau suysant l'intention » du roy mon fils. »

Presque au même moment, Henri III, singulièrement alarmé, crut opportun de s'adresser directement à Chastillon, ainsi que nous l'apprennent ces lignes* qu'il expédia, le 12 octobre, à Damville : « Je vous ay envoyé une lettre que » j'ay escripte au sieur de Chastillon, et quatre pour faire » distribuer à telles villes que vous adviserez de celles qui » tiennent le parti de la religion prétendue réformée, pour » les exhorter de ne prester aucune assistance à Baudonnet, » en sa désobeyssance. Toutefois ayant depuis reçu une lettre » que le maréchal de Bellcgarde m'a escripte du 21 du passé, » avec la copie d'une d'iceluy sieur de Chastillon audit Bau- » donnet par laquelle se veoit qu'ilz sont bien avant en pra- » tique ensemble, j'ay voulu éncores faire une recharge » plus expresse tant auxdites villes que audit sieur de Chas- » tillon, telle que verrez par les lettres que je vous envoie )) ouvertes avec la présente pour vous en ayder ainsy que

1. Hibl. liât., ins8. f. (r., vol. a,2W, f» 63. i. Bibl. ml, instt. f. fr., vol. 3,341, f» 10.

» cognoistrez estre à propos ; ce que je remets à vostre pru- » dence et bon jugement, vous advisant que j'ay aussi incon- » tinent envoyé la susdite copye à la royne, madame ma » mère, et Tay priée d y procurer et moyenner de ce costé- » là le plus prompt et meilleur remède que se pourra. »

Ghastillon, après avoir largement concouru à la défense du château et organisé les moyens propres à en assurer la prolongation, sous le commandement de Baudonnet, avait dû en sortir pour prendre part, ainsi que Thoré, à une conférence qui s'ouvrit à Nîmes avec le cardinal d'Armagnac, un député du vice-légat, et quelques autres personnages, et dans laquelle fut conclu, le 8 novembre 1578, un traité ayant pour objet de garantir la liberté des réformés dans les Etats du pape sis en France *.

Ghastillon, du reste, s'occupait toujours activement de secourir le château de Beaucaire ; ce dont s'alarmait Henri III qui, le 24 novembre, écrivait à Damville * : « Je suis, à bon » droict, très-mal content du secours et rafreschissement » que donne le sieur de Ghastillon aux détempteurs de mon » chasteau de Beaucaire. G'est une si manifeste contraven- V tion et désobéissance à mon édict de pacification et irré- » vérence à mes commandemens, que je ne seray satisfait ny M à mon ayse, qu'elle ne soit réparée comme il appartient, » ainsy que j'ay escript à la royne, madame ma mère, qui

1. « Il fut convenu que, dans les terres de la dépendance du pape, personne ne >' serait inquiété au sujette la religion; que les protestants seraient rétablis dans » tous les biens, emplois et dignités dont ils avaient été dépouillés à cette occasion; » que ceux de Gabrières et des vallées qui avaient été vexés, au sujet de la reli- » gion, rentreraient dans les biens qu*on leur avait pris depuis i5i0; que chacun " aurait la liberté de vendre son bien ; que, si les religionnaires voulaient vendre « le leur, les syndics des lieux seraient obligés de le leur acheter à un prix raison- » nable ; que les affaires civiles et criminelles des protestants seraient portées en >» première instance au sénéchal de Nîmes, et par appel en la chambre mi-partie ^> de Languedoc, dont les juges connaîtraient de ces causes, non comme juges » royaux, mais comme délégués du pape, etc. » (Ménard, Ilist. de Nîmes, édit. de 1875, t. V, p. 156.)

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