Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3,203, fo
2. Lettre du 28 janvier 1579. (Bibl. nat., mss. f. Ir., vol. 3,345, f« 38.)
teau de Beaucaire, en d'autres^ termes avec Ghastillon, ai ce n'était par la voie des armes, du moins par des sommations menaçantes, et, au besoin, par des entraves matérielles qui, toutefois, ne compromissent pas les négociations déjà entamées par elle. « Mon cousin, disait-elle au maréchal*, par yy les dépêches que vous m'avez faictes, des 16 et 23 du mois » passé, j'ay veu, à mon très-grand regret, les mauvais » déportemens du sieur de Ghastillon, dont je suis infiniment » marrie, ayant cejourd'hui, incontinent vostre dernière » reçue, écrit aux sieurs du conseil privé du roy, monsieur n mon fils, que j'ay envoyé depuis deux jours à Nérac pour w commencer nostre conférence, la substance de vostredite » dernière lettre, pour en faire instance à mon fils le roy de » Navarre, et aux députés qui sont audit Nérac, lesquels*, je » pense bien, ne s'en soucieront non plus qu'ils ont accousw tumé. Aussi, n'est-il que bon que vous soiez monté à che- » val, et les seigneurs que vous m'escripvez qui vous accom- » pagnent, pour empescher ledit Ghastillon et ses pernicieux » desseings ; car la première chose ^e je feray traiter en » ladite conférence, ce sera de pourveoir à sesdits mauvais » dépoHemens et aussi à ceux de Bacon, Foumier et autres. » Voylà pourquoy, mon cousin, il est nécessaire, qu'en repf poulsant telles gens, que j'estime que mondit fils le roy » de Navarre et ceulx de la religion prétendue réformée » n'advoueront point, vous regardiez de faire en sorte que » ce soit sans préjudice à l'édict de pacification, estant néces- » saire de les faire premièrement interpeller de poser les )i les armes et observer ledit édict, encore que je pense bien » que, pour cela, ils n'en fassent rien; mais au moins sera-ce » mettre le droit de nostre costé, et occasion de faire faire » justice exemplaire de ceux que l'on pourra après attraper. *.
i. Lettre du l«^ février 1579. (HibL iiat., mis. I. fr., vol. d,S03, f* 38.)
» Je VOUS prie derechef regarder à vous comporter tellement » que, empeschant le secours du chasteau de Beaueaîre et » lesdites pernicieuses entreprises desdits Ghastillon, Bacon, )» Foumier et autres, ce soit, sans que, pour cela, nous ») rentrions en la guerre. »
Vers le 15 février, les ressources du château de Beaucaire étaient à peu près épuisées; pour la première fois, Ghastillon venait d'échouer dans une tentative ayant pour but de venir en aide aux assiégés ; la situation de ceux-ci s'aggravait de jour en jour, et Henri III, dans l'espoir de leur prochaine défaite, écrivait à Damville * : « J'ay reçu par le sieur >» de Lacroix la lettre que vous m'avez escrite du 10 du » mois passé, par laquelle j'ay sceu TefTort que Ghastillon se » préparoit de faire pour seconder les occupateurs du chas- » teau de Beaucaire, et vostre délibération de vous, y oppo- » ser, de tout vostre possible, afin de me faire le service » que de remettre cette plaee-là d'importance sous ma puis- » sance. Depuis l'arrivée de Lacroix, j'ay entendu par » quelques-uns [qui Sont venus de ce costé-là, que vous » avez si bien faict, que les autres ont esté contraints de se » retirer, de sorte que ceux dudit chasteau avoient corn- » mencé à parlementer; de quoy j'ay receu très-grand » plaisir... je serai attendant en bonne dévotion la nou- » velle de la reddition de ce chasteau, laquelle ne sauroit » tarder, etc., etc. »
Les assiégés, en effet, réduits à la dernière extrémité, furent bientôt contraints de capituler. De là, ces quelques mots du roi au maréchal ' : « J'ay esté merveilleusement » ayse d'avoir eu assouranco de la réduction de mon chas- » teau do Beaucaire, par les lettres que vous m'avez escrip- » tes... Et avez très-bien fait d'avoir encore, depuis ladite
1. Lettre du 15 tévrior i570. (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3,305, f« 43.) 1 Lettre da 0 murs i57U. (Hlbl. nut, mss. f. fr., voL 3,345, f» 55.)
» réduction, contraint Chastillon de quitter les lieux dont il » s'estoit emparé. »
La reddition du château de Beaucaire précéda de peu de jours la signature [du traité de Nérac, qui eut lieu le 28 février 1579, et à la conclusion favorable duquel contribua, plus qu'on ne le croit peut-être, la vigueur d'action déployée par Chastillon en maihtes rencontres.
Ce traité élargissait les bases des concessions faites aux réformés par celui de 1577 *. Chastillon, pour sa propre part, s'attacha à en assurer l'exécution, en Languedoc, et à établir un apaisement momentané dans les parties de celte vaste province sur lesquelles il pouvait exercer une influence directe.
1. Le préambule da traité de Nérac portait : » Pour faciliter l'exécation de l'édit » dernier de paciflcation fait au mois de septembre 1577, et éclaircir et résoudre » les difficultés qui sont intervenues et qui pourroient encore retarder le bien et » effet d'iceluy édit : a été, sur la requête, supplications et articles présentés par » ceux de la religion prétendue réformée, résolu et arrêté ce qui s'en suit en la )» conférence tenue à Nérac en ce présent mois de febvrier 1579, entre la roine, mère » du roy, assistée d'aucuns princes et seigneurs du conseil privé du roy, et le roy » de Navarre, aussi assisté des députés de U«^ le prince de Condé, seigneurs et » gentilshommes, et des députés de ceux de la religion prétendue réformée. »