Archives de Uent^vo, portof. histor., n» 2.0()i
2. Telles sont les expressions que reproduit la Chronique maniwrile de SleUler sur l'année 1381. (Archives de Berne.) — Voir aussi rabrégé imprim'i de celte même chronique, 2« partie, p. 274. (Berne, 1627. 1 \ol. in-K)
A Berne, de même qu'à Genève, les élans de son cœur, la loyauté et la virile fermeté de son langage émurent vivement ses auditeurs. Ils y répondirent par les chaleureuses démonstrations d'une affection et d'une confiance dont il était réellement digne.
Quoi de plus touchant que les nobles inspirations de la vraie reconnaissance, de ce sentiment qu'on a si bien appelé la mémoire du cœur * ? et de quelle émotion n'est-on pas saisi, à l'aspect de ce jeune héros, s'érigeant, au jour du danger, en ardent défenseur des hommes qui avaient étendu sur lui, dans son infortune, leur bienveillante protection !
Ce qu'il fut alors pour eux, il le fut toujours.
On ne peut mieux apprécier, au surplus, le dévouement de Chastillon aux amis qu'il comptait en Suisse, qu'en l'entendant lui-même leur parler, et qu'en le voyant unir constamment les actes aux paroles.
Le 1" juin 1582, il écrit, de Montpellier, au conseil de Genève ^ :
(( Messieurs, estant de retour de mon voïage, le succès » duquel vous entendrez par le capitaine Larivièrc, présent » porteur, j'ay trouvé deux ou trois dépesches que vous . » avez faites en ce pays, par lesquelles vous faisiez entendre » que les desseins de vos ennemiz , commencez dès mon » arrivée en vostre ville, continuoient tousjours, et deman-
i. Cette mémoire, Chastillon la possédait à un haut degré. Aussi, disait-il aux Bernois : « Je vous supplie de tout mon cœur croire que, m'aiant fait tant de bien » et d'honneur de me recevoir, m'assister et aymer comme vostre filz, je me reco- » gnoys tant et si estroitement obligé à vous, qu'il ne passera jour de ma vie, auquel » je n'en aye souvenance, pour vous faire três-humble service en tous les lieux et » endroits où il vous plaira me commander. » Et encore : « Je n'ay rien plus à » contre-cœur que d'estre estimé ingrat des seigneurs qui m'ont recueilli si humai- » nement parmy eux, lorsque j'estois abandonné de tout secours, et couru à toute » force par les ennemys de Dieu et de nostre maison. » (Lettres de Chastillon au conseil de Berne des 11 juin et 10 septembre 1583. Ar"' " '»*ne, Frankreich^
vol. 3.)