AVANT-PROPOS
L'homme auquel sont consacrées les pages qui suivent est loin d'occuper chez les historiens d'aujourd'hui une place égale à celle qu'il tient dans les mémoires et les chroniques du xvr siècle. A en croire les nombreux écrivains, catholiques et protestants, qui nous ont raconte les guerres de religion, François de la Noue fut un des grands personnages de son temps. Il a été le second de l'Amiral ; Philippe II lui a fait l'honneur de le considérer comme un de ses ennemis personnels et de souhaiter sa mort ; Henri de Navarre le compta parmi ses plus vaillants serviteurs, et un de ses adversaires disait qu'en France il n'y avait qu'un la Noue.
Aussi bien, ce ne sont pas seulement ses coreligionnaires qui le traitent de héros. L'historien catholique du siège de la Rochelle dit que c'était « un grand capitaine, célèbre par son courage et sa fermeté d'âme ». Le fanatique Monluc se laisse aller à vanter ce huguenot, « sage s'il y a capitaine en France ». Les